SCENE VII
Les Mêmes, GI.MBLET, ensuite CÉLINE, ARTHUR, LA GOUVERNANTE, ROSE, MARTIGNÉ, LAU- RIOL, LA Noce.
ciMBLET, accourant par la droite*.
Les voilà! les voilà !
MATHIAS
Qui donc? qu'est-ce qu'il y a?
GIMBLET.
Hein! quel événement !... On est aux portes, on regarde, on jabolle... un carrosse superbe, et deux chevaux magnifiques... ils viennent danser à ma noce!
MATHIAS
Les deux chevaux?
GIMBLET.
Eh ! non... la maîtresse de ma femme... sa sœur de lait, M"e Céline.
THIERRY, à part. Grand Dieu !
Il dégage son liras de celai de Mathias et remonte au fond. GIMBLET.
Avec sa gouvernante, une vieille, suivie dcdctiK grands laquais dorés sur tranche, et son cousin donc, M. Arthur, un noble, rien que ça!
MATHIAS
Eh bien, qu'est-ce que ça nous fait à nous?
GIMBLET.
A vous, bon! mais à moi, à M'ne Gimblet, à l'oncle Gadichon, dont la guinguette n'a jamais vu de noce comme ça... tenez, tenez, tout le monde est allô au-devant d'eux.
THIERRY, regardant, à part.
Oh ! oui, c'est elle !
MATHIAS, allant à Thierry.
Qu'est-ce que tu as donc, toi?
* GimblctjMalJiias, Thierry,
MATHIAS LINYALIDE.
THIERRY
Moi? rien, rien! je u'ai rien; ne vous occupez pas de moi.
Il se place sur le secoud plan à droite, cache par Matliias.
CHOEUR"
Air : Hardi cotirenr (du Lorgnon).
Ah! quel honneur! Ah ! quel bonheur !
Pour notre fcte Qui s'apprête !
Pour les e'poux , Comme pour nous!
Dans r quartier ça f'ra desjaloux.!
ARTHUR
Oui, quoique noble, on peut sans dc'rogcr, Faire danser la fille qu'on marie , Et l'embrasser... ce n'est guère exiger, Lorsque surtout elle est jeune et jolie l
CHOEUR
Ah! quel honneur! etc.
ROSE
Obi mams'elle,quejesuiscontcnteI... que vous êtes bonne!
CÉLINE
Et pourquoi?.'.. Ne t'ai-je paspromisde venir? (A sa gouvernante.) Ne me quittez pas, madame Dubreuil.
GiMELET, aux ttulves, en la montrant.
C'est la gouvernante.
ARTHUR
Bonjour, bonnes gens; vous voyez qu'on n'est pas fier.
GIM6LET.
Ohl non, monsieur Arthur. ^^Aux autres.) Ccsi M. Arthur, le cousin.
ROSE
Ça nous portera bonheur, et à vous aussi, mamselle. {Bas.) Le voilà !
CÉLINE, apercevant Thierry, et étouffant un cri.
Àhl
MATHUS,
Elle me regarde !
THIERRY, à part.
Elle m'a vu I
MATHIAS
Elle est fort gentille 1
ARTHUR
Eh bien 7 Gimblet, mon garçon, tu vois que je liens ma parole, et ma cousine aussi; elle a voulu apporter elle-même son cadeau à la mariée; et moi, je me fais suivre d'un panier de vin de Champagne, dont vous ferez sauter les bouchons à notre santé.
MARTIGNÈ.
Certainement, tous pouvez compter...
LAURIOL, montrant Thierry à Mariiyné , à part. Dis donc, le jeune homme en question, tu sais ?
HARTIGNÉ.
Ah! bahl c'est juste ça!
* Thierry , Matliias, Rose, Céline, Arthur, lui donnant le bras, GiraUct, Marlignc, Lauriol, Invites aufynd.
CÉLINE, donnant une montre à Rose.
Tiens, Rose, je l'ai choisie moi-même.
ROSE
Une montre !
CÉLINE, lui remettant une bourse. Et voici le cadeau de maman qui n'a pu m'accompagner.. . elle n'est pas à l'hôtel...
ARTHUR
C'est un plaisir qu'elle m'a cédé. .. j'allais partir pour le bois de Boulogne ; mais, j'ai mieux aimé ouvrir le bal avec la mariée... si le marié le permet?...
GIMBLET.
Comment donc, monsieur le comte, troppe flatté.
ARTHUR
Il n'y a pas de quoi... {A part.) Ce pauvre Gimblet, il a une figure à çal...
GIMBLET.
Et puis , un fameux honneur, tout de même, d'avoir à ma noce un des élégans les plus... les plus. ..élégans de Paris.. .M. Arthur de Césanne!... Mathias cherchait à retenir Thierry qui voulait s'e'loi-
gner; tout- à -coup il se rapproche avec e'motion et
vivement.
MATHIAS
Césanne 1... le comte de Césanne?... Lapierre de Césanne?...
ARTHUR
Eh bien!... après 1... qu'est-ce qu'il a donc ce brave homme?...
GIMBLET.
Ne faites pas attention... c'est le père Mathias... un invalide... un vieux I...
MATHIAS, regardant Arthur.
Oui, c'estbiencela 1... ses regards... ses traits... Arthur... le fils de ce pauvre Jacques!... ARTHUR, allant à lui.
Jacques de Lapierre . . . général sous l'Empire* 1 . . .
MATHIAS
Mais autrefois soldat... oh... j'éprouve un battement de cœurl... c'est que , voyez-vous , je l'ai connu votre père 1 . . . c'était un brave homme. . . mon camarade à moi... nous avons été blessés ensemble... et ces souvenirs-là, ça reste... Il montre sa jambe, Thierry s'est éloigne' peu à peu et a disparu.
ARTHUR
Ahl... VOUS?...
MATHIAS
J'étais son confident,... son ami.... quand il était gradé, décoré... et que je n'étais toujours qu'un pauvre soldat... et lui, pas fier... il me serrait toujours la main... cette main que je tends à son fils...
ARTHUR , lui donnant la main.
Bien... brave homme!... bien! mais...
MATHIAS , cherchant Thierry qui est sorti.
Eh! mais... où donc est-il?... je ne le vois plus!...
ARTHUR
Eh bienl... qu'est-ce que c'est encore?
* Thierry dans le bosquet ii droite, Mathias, Arthur, Céline, Rose, GiiuUet, Marti gué, Lauriol; la nyce au iond.
>L\GASIN THEATR.\L.
Riea. ■ mu-- c'est qae je sois toat éaa!
AKTBCS.
Oh! parbleu î... moi ausài!... et ma consine aosfi-- Allons, alloas, c'est bien, brare homme... TOUS Tiendrez me Toir... et â je pois tobs rendre senrice... mais iâ, c'est de la gaîté qo^il nous faut I ... nous n'arons qu'on instant à tous donner. Venez-Tous Cé]hxéî(EUe hésite.) ah 1 j'ai snisfôché, Tons m'aTcz amoiê ici, et je n'en sors pas sans ma coDtiedanse aTec la mariée... (A Gimblet.) Toujours aTCC la permission...
eniBLET.
Âllez-done! aHez-done-E
Justement j'aiteads on orchestre, là-bas.
KATHUS.
liais iuil... loi!... ah! il ne partirmit pas comme ça!...
KEPIUSE DC CHŒXTR.
Ils sorteMi tous par tefmd à geuAe, exempté MarUgxé etLaaïoL
v^^.^vv\^^\*v**^^^^v•■'^vv^^v""1V.^^^.w■v. %«%«*«•■«"'«'•«*"'>''
SCEXE VIII.
ÎIARTIG>'É , LAURIOL.
■AUiGSÉ , à MatkiM qsi tcrt le dernier em ekerekttmi THerrif.
Eh bien, tu ne tiei» pas, ttriî «ai» TÎeas doue,
Uitliiis dispazùt par k droite, sams répcadre. ■ABrnfiEÉ , rmppeïOMt iMmrwl.
Laoriol t
Eh bien?.
lACUOL.
Ce graad garçt» qui éuit là to«it-à-rh^D«? c'eit bi^ edn fm vieat le Toir... aTCC qui qB*il se reaferme!
UVkMk
Qui reçoit les billeu de pafMer Joseph.
Et puis, cette lettre que je lui ai apportée, fl l'a fait lire à ma fille... ça Tient aa noins d'un ministre!...'
LACKIOl.
Ahibalil..
■AJUiesÊ.
Og loi paiie de S0,000 fir. eonaie de ries... «d
lui annonce des fonds.
î-irMOL.
Derargat?..
OàKTlSm.
TioRsI... a Boins que ce se Mi^t des Umài de cuktte!...
Liruoi.
C'est Justel... 3 y a quelque chose !...
fl fttit saToir cç qtre tout ç» rwrt toc.
UCliM.
Une demande pas ■ôenx, kvieneadiottierT... aTee des amis!...
■AKTICn.
Dis-donc, pour le faire parier... si ncos le grisissions?...
LACKIOI,.
Ça jesi!...
ÂTec do TÏn de Champagne !
LACUOL.
Firre-i; ! il n'y est pas habitoé!
■ABTIGSÉ.
Ce n'est pas sûr !... Tu crois peQt-«tre qu'il se contente , comme nous, de rordinaîre de l'hôtd, la sonpe, le bceof et les haricots, arec aeoompagnemoit d'ahffindanee?... Ah bioi, «ni!... je parierais que lonqn'il sort, le nenx riehard , il donne dans le luxe et la bombance , et qu'il fait des diners à 22 sous I
LICUOL.
Il tant qu'il parle !