‹ Pièces de théâtreChapitre 331 sur 1069 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

PAUL DUMONCEL , en veste de drap, pantalon de toile ; CAMILLE , proprement mise, robe de toile , petit bonnet. Ils arrivent du fond.

DUMONCEL.

Tiens! il n'y a personne?., vous aviez peur d'arriver trop tard.

CAMILLE

C'est mon oncle qui nous pressait , et il n'est pas encore ici.

DUMONCEL.

Eh bien ! tant mieux : nous ne pouvons jamais nous parler seuls.

CAMILLE

Qu'est-ce que ça fait ! vous me regardez toujours... est-ce que je ne lis pas dans ces regards-là ?

DUMONCEL.

Et... qu'est-ce que vous y lisez?

Beaucoup de bonnes choses, qui me font un plaisir! Ah!., comme, par exemple : «Vous êtes » une brave et honnête fille , qui n'a pas craint » d'exercer l'état le plus bas , le plus humiliant en •> apparence , parce qu'il y avait un pauvre prison- »nier, dont vous vouliez être le bon ange!» (Tristement. ) Un bon ange , qui n'avait à donner que quinze sous par jour... (Vivement. ) Mais c'était de si bon cœur, monsieur Paul !..

LA CANAILLE

DUMOXCEL.

Bonne et chère Camille !.. vous voulez donc que je bénisse les fripons qui m'ont ruiné?.. Déjà , et depuis que j'ai sur le dos cette veste de charretier, que je gagne ma vie en travaillant , je suis plus heureux , plus tranquille qu'au milieu de ce tourbillon de faux plaisirs , de bals, de fêtes!..

CAMILLE

Vous ne cherchez pas à vous abuser , pour calmer vos regrets, n'est-ce pas?

DCMONCEL.

Croyez-vous donc que je n'avais pas l'habitude du travail, dans les forges de mon père?.. Bien m'en a pris de n'avoir pas été élevé en petit maître, en freluquet; d'avoir su manier un marteau, conduire une charrette... Mon intention est de quitter Paris, de retourner aux forges dont je connais les détails... Je ferai comme mon père, je gagnerai ma fortune par le travail , et comme je l'aurai acquise avec peine , cette fois , du moins , je saurai la conserver.

CAMILLE , inquièle.

Vous quitteriez Paris?

DCMONCEL.

Oui , mais je ne m'en irai pas seul... il faut que j'emmène quelqu'un avec moi.

CAMILLE

Quelqu'un , monsieur Paul?

DCMONCEL, lui tendant la main.

Allons, Camille, dites la vérité!., vous y consentez !

CAMILLE

Paul , je n'ai pas besoin de le dire : vous le savez bien.

DCMONCEL.

Va , Camille , tu seras aussi heureuse que tu le mérites! (llTembrasse avec transport.)

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