ACTE II , SCÈNE VII
M. COQUELET
Eh ! laissez-moi donc tranquille, vous!
THÉODORE , passant brusquement près de Phœbus. Est-ce que vous n'avez pas mis le désordre dans cette maison avec votre lettre ; (il regagne sa place, j
PHOEBl'S.
Ce n'est pas moi!...
SI. COQUELET
Je vois ce qu'il lui faut au vieux scélérat!.. Faisnous la connaître cette femme!., et je te donne cinquante francs !..
PUOEBUS , vivement.
Ah! cinquante francs!..
M""^ COQUELET , bas.
Et moi quatre-vingts!
PHOEBUS
Bah!,, ah! cinquante francs , pour qui me prenez-vous?
M. COQUELET
Je t'en donne., cent !..
M™^ COQUELET , bas
Moi cent cinquante !
PHOEBUS, à part.
Me voilà à l'enchère ! (Haut. ) Cent francs ! tout ça!..
M. COQUELET
Je t'en donne deux cents...
M"" COQUELET , de même- Et moi cent écus!.<
PHOEBUS , à part.
Ça monte !.. ça monte ! . .
M. COQUELET
Eh bien !
PHOEBUS
Allez!., allez!., vous restez là?., laissez-moi donc tranquille avec vos deux cents francs. J'ai mieux que ça!..
TOUS
Oh ! oh!..
THÉODOKE.
Voyez-vous! voyez-vous! on l'a corrompu!
AI. COQUELET
.\|R connu.
On l'aura payé pour se taire.
PIIOEEI s.
Au moins c'est la première fois:
Payez-moi pour parler.
THEODOUE.
Mon père, Il veut trop (l'argent, je le vois.
rnoEBUs.
Tiens, chaqu'jour on en a la preuve.
Des particuliers très connus
Toujours vendus ,
Kl revendus.
Plus cher encor' demain seront vendus, . . Moi j'juis d'Ia marcliandis' tout' luuvc, Kt ça vaut bien quelqu' chose de iilus ■
M. COQUELET
Eii bien cent écus!.. quatre cents francs !
M""-' COQUELET , bas.
Vingt-cinq louis .'
otSîP
PHOEBUS , bas.
Vingt-cinq louis, dos vieux!., c'est six cents francs ! (Haut. ; .Vllez toujours !
M. COQUELET
Vingt-cinq napoléons!..
PHOEBUS
Ce n'est que cinq cents francs !
M. COQUELET
Pas un sou de plus.
PHOEBUS
Alors n'en parlons plus ! (Bas àM-'^ Coquelet. ) Adjugé de ce côté-ci !
THÉODORE
Ah ! c'est trop fort !
M. COQUELET , criant.
Mais vieux malheureux !.. cinqus cents francs.
PHOEBUS , criant.
Vous m'en donneriez cinqus cent quatre-vingtdix-neuf que je ne dirais rien... ah! ah! voilà comme je suis! la probité même!
THÉODORE , hors de lui.
Il faut le jeter par la fenêtre !..
PHOEBUS
Ah ! çà! ce petit là-bas a toujours des idées !..
Laissez-moi avec lui !..
THÉODORE
Comment ! papa seul !
M""*^ COQUELET , avec inquiétude.
Mon ami !
m"'= BERNARD.
H y a tant de malfaiteurs.
PAULI>'E , s'approchant de Phœbus.
Ah! monsieur, :ù vous la connaissez... Je vous en prie !..
PHOEBUS
Plait-il , mademoiselle?..
si"'- COQUELET , faisant passer Pauline. Venez, ma chère enfant... laissez <e vieux menteur... (Bas à Phœbus.) Je reviendrai!
M. COQUELET, repoussant loul le monde.
Laissez-moi avec lui... je veux rester avec lui ! .
PHOEBUS
Ou'est-ce qu'il veut donc me faire !
Air du Comte Ory. ,
ENSEMBLE
TOUS excepté Phœbus.
Oui de ce vieux fripon Il faut avoir raison.. .
<^)u'il nous dise ce nom !
Ou bien qui! prenne garde , Car nous viendrons soudain Le faire au corps de garde Mettre au poste voisin.
PHOEBIS.
Mais sortez , sortez donc :
()uel bruit, quel carillon ; Vous troublez la maison ; . . .
Mais SIM- moi prenez garde De porter vidri' nuiin ,
PHOEBIS.
Ou je crie à la garde Jiisqu au posle voisin .' (Tout le monde son lentement , excepte Coquelet , Théodore el Phœbus. )
PHOEBUS , pendant que tout le monde sort. Il faut donc que cette grosse ait un intérêt à écrire à la petite... mais puisque l'autre... car il paraît que ce mariage... ali! bien oui! Mais... THÉODORE, revenant et lui criant aux oreilles. Vieux gueux!.. ( Coquelet entraîne Théodore qui sort par la porte du fond. )
PHOEBi's , sautant de peur.
Sil est permis de faire des peurs comme ça!.. Oh! famille de rougets!., on a bien raison de dire : tout bon ou tout mauvais , cl ceux-là .sont de la dernière catégorie!..