‹ Pièces de théâtreChapitre 388 sur 1069 · SCÈNE XIV · texte numérisé non relu

SCÈNE XIV

Les Mêmes , M"« BER^ARD , THÉODORE.

M"e BERNARD , cnirant.

Moi , je vous dis que ce mariage ne se fera |ia$!

M. COQUELET

Hum! qu'est-ce que c'est!... de quoi s'agit-il?...

M^''= BERNARD

Ah ! vous allez encore donner raison à votre (ils!...

THÉODORE

Parbleu ! vous êtes folle !...

PHOEBrS.

Ah ! ab ! comme il parle à mademoiselle Bernard ; (bas à M. CoqueleU il faut l'amadouer! je vais arranger l'affaire !

Oui, oui , folle !...

M. COQUELET

Théodore!... respectez mademoiselle Bernard comme je la respecte !...

«""^ BERNARD

Heim !...

PHOEBUS

Eh ! allons donc !

< THÉODORE

Mais , papa!...

M. COQUELET

Taisez-vous , Théodore ! . . .

PHOEBUS

Taisez-vous , Théodore!... mademoiselle Bernard ne peut dire que des choses...

M. COQUELET

Très raisonnables!...

PHOEBUS

Comme dit votre papa!...

M. COQUELET

Vous dites donc , mademoiselle Bernard !...

Mademoiselle Bernard dit donc...

m"' BERNARD.

Je dis que ce mariage est impossible... Pauline vient de s'en expliquer positivement... elle n'aime pas votre fils!... et vous ne voudriez pas sacrifier (.elle pauvre Pauline... que j'aime tant...

M. COQUELET, bas.

Voyez-vous , voyez-vous ! ...

PHOEBUS, de même et ricanant.

Hum ! connue c'est ça !...

W. COQUELET

Non , mademoiselle Bernard , je ne la sacrifierai pas !... je ferai ce que sa mère ferait a ma place... sa mcre...

PHOEBUS

Oui! sa mcre... <iue monsieur ne ciierdicra pas à connaître , mademoiselle Bernard !

THÉODORE

Mliins doni' ! sa mère! elle n'exi-^te pas.

M. COQUELET

Peut-être , Théodore.

PHOEBUS , appuyant.

Peut-être Théodore!..

m"^ BERNARD, sans intention.

Peut-être, Théodore.

Les MÈ.MES , M-^e COQUELET , PAULINE , ADOLPHE.

PAULINE , s'approchant vivement.

Que dites-vous!., ah! Monsieur!..

PHOEBUS

Ah! voilà l'enfant... et la maman de votre fils!..

M. COQUELET

M"'e Coquelet! M'"" Coquelet! (Bas. ^ Je sais tout!..

M™e COQUELET , se laissant aller du côté de Phébu^. Ah ! je me trouve mal.

PHOEBUS, bas.

Il ne sait rien !

M'ne COQUELET, se redressant.

Bah!

M. COQUELET

Comment! M. Adolphe encore ici!..

ADOLPHE

Pardon ! Monsieur , je croyais que M"<= Bernard vous avait parlé en ma faveur... car cette lettre anonyme ce n'est pas moi qui l'ai écrite! demandez...

PHOETBUS.

Non , non , ce n'est pas lui !

THÉODORE

De quoi se mêle-t-il ce vieux...

Taisez-vous, Théodore !..

PHOEBUS

Taisez-vous, Théodore!.. Et du moiuent que M"e Bernard le protège...

.m''^ BERNARD.

Sans doute... il est d'un âge plus convenable que Théodore...

PHOEBUS

Eh ! oui ! connue dit la chanson .- Il faut des é[)oux assortis Dans les li...

Et si M"'^^ Pauline l'aime...

PAIUNE, viveiiienl.

Oh ! oui ! l-:ilc s'arrctp et baisse les ycu\. '

M. COQUELET

Mais peiinettez!.. je ne sais...

THÉODORE

Ça ne se peut pas!..

PHOEBUS

A moins que inon.-iour n'épouse que poui la fortune. ..

ADOLIMIi:.

Oh 1 .Mtcisiciir !..

PHQEBUS.

ffjâ^

Sa fortune , sa fortune !.. M. Coquelet n'en doit compte à personne.

M. COQUELET, ravi.

Mademoiselle Bernard!., vous êtes une femme., une demoiselle , \eux-jc dire, que j'estime beaucoup, et du moment...

THÉODORE , s'avançant au milieu de la scène. Mais non! mais non ! ça ne se peut pas.

M. COQUELET

Taisez-vous , Théodore!., ou je vous mets à la porte!.. (Théodore conlinue de crier: cane se peut ;)as.'.. Coquelet l'entraîne et l'enferme dans la chambre à gauche. 1

PHOEBUS

Et allez donc ! Jeunes gens , je vous unis , je vous bénis... i Basa Adolphe. ) C'est quarante pistoles que vous me devez !.. Haut. Et remerciez ]\Iiie Bernard ! . .

TOUS, à l'exception de M">" Coquelet cl Phœbus, entourent M"e Bernard qui ne comprend rien à cet empressement.

Ah! Mademoiselle!..

M. COQUELET

Cette bonne demoiselle Bernard!..

"« BERNARD

>Iais est-il honnête aujourd'hui le cousin 1

M. COQUELET

Ain nouveau.

Des égards pour mademoiselle Il ne faut jama-s s'écarter!

On n'a rien à dire sur elle:

^ous devons tous la respecter.

rnoEBLS, basa M'"C Coquelet.

Comprenez-vous le paragraphe '

M'"<^ COQLEI.ET, 1)05.

Mon Dieu ! non ... je n'y conçois rien ! . .

iMiOEBis, bas.

Sur la dévote au petit chien J'ai flanque la faut' d'orthographe :

M^e COQUELET.

Ah

PHOEBUS

Oh! (Bas.) C'est vingt-cinq louis, vieux style!..

M™*^ COQUELET , lui glissant un rouleau. Voilà !

M. COQUELET , bas à Phœbus.

Silence sur mon secret, sur mes comptes!..

PHOEBUS

Et qu'est-ce que vous me donnerez? (m. Coquelet lui glisse une bourse.) Merci! (A M"» Bernard. ) Nous avons toujours le compte du petit chien!., mais je repasserai, (saluant comme pour se retirer. ) M. Coqu-e-let, et la compagnie, je vous souhaite bien le bonjour! (A part.) Me voilà millionnaire, .l'acliète ma maison.

GtlOEUR.

Air : de M't'- Nichon.

En ce jour au plaisir Que chacun s'abandonne:

Et surtout que personne Ici n'ait à rougir.

PHOEDlîS, au public.

Air : du Carnaval.

Vieil écrivain, je suis discret, fidèle,

Un peu bavard , mais c'est de mon état ,

El tous les jours, je m'escrime avec zèle

Pour 11! public qui n'est jamais ingrat;

Me dévouant pour les uns , pour les autres ,

De loules main- je prends des capitaux ,

Tout prêt , messieurs , à prendre aussi les vôtres

Si vous voulez me payer en bravos ;

Daignez , messieurs , me payer en bravos.

FIN DE piiOEnrs,

P.VRIS. - DIPRIMERIE DE BOULE ET C'.

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