‹ Pièces de théâtreChapitre 403 sur 1069 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

Les Précédens, PISTOL.

PISTOL. Oh! oui , le vieux Bob , il est dans son lit.

KETTY. Dans son lit!

KEAN. Comment cela ?

PISTOL. En voilà un gulgnon... imaginez-vous, monsieur Kean... là , qu'il était descendu dans la rue. . il était superbe, quoi,

il avait son chapeau gris , son carrik pistache et son grand col de chemise qui hii guillotine les oreilles, vous savez... nous nous mettons eu route , il fait quatre pas... Oh ! dit-il, j'ai oublié ma trompette... Bah! qu'est-ce que vous voulez faire de votre trompette ? que je lui réponds. Je veux leur en jouer un petit air au dessert, ça les distraira... Est-ce qu'ils ne connaissent pas tous vos airs? gardez votre respiration pour ime autre circonstance, allez... Veux-tu courir me cherclier mon instrument, et sans raisonner, drôle! . . Ah! tiens, je ne sais pas où elle est, votre instrument, allez la chercher vousmême... Vous savez, il est vif le père Bob... je n'avais pas fini qu'il m'allonge un coup de pied... heureusement que je connais ses tics, et que je ne le perds jamais de vue quand nous causons ensemble.

KEAX. Eh bien! tu l'as reçu... voilà tout

PISTOL. Et non, voilà le malheur, j'ai fait un saut de côté.

REAN. Alors tu ne l'as pas reçu, tant mieux !

PISTOL. Non, je ne l'ai pas reçu, mais comme il s'attendait à trouver de la résistance... quelque chose au bout de son pied, pauvre cher homme! et qu'il n'y a rien trouvé, il a perdu l'équilibre et est tombé à la renverse !

K.ETTY. Oh! mon Dieu!

PISTOL. Tiens , ne m'en parle pas, j'aimerais mieux avoir reçu vingt-cinq coups de pied où il visait, que d'être cause d'uu malheur comme celui qui lui est arrivé.

RETTY. S'est-il blessé, mon Dieu.

PISTOL, pleurant. On croit qu'il s'est démis l'épaule.

REAN. Et l'on a envoyé chercher un médecin ?

PISTOL. Oui... oui...

REAN. Et qu'a-t-il dit.

PISTOL. Il a dit qu'il en avait au moins pour six semaines sans bouger de son lit ; et pendant ce temps-là toute la troupe se serrera le ventre, voyez-vous, parce que la trompette du père Bob, elle est connue comme l'enseigne de IM. Peter. Eh bien I si demain il ôtait son enseigne, on croirait qu'il a fait banqueroute, et personne n'entrerait pins.

REAN. Il n'y a pas d'autre malheur que ça?

PISTOL. Eh! mais il me semble que c'en est un des malheurs que déjeuner six semaines , quand on n'est pas dans le i carême. i

LE MAGASIN THEAXKAL.

REAN. Peter!

PETER. Votre honneur?

REAN. Une plume , de l'encre , du papier.

RETTY. Que va-t-il faire?

PETER. Voilà.

REAN, ècrwant. Fais porter cette lettre au directeur du théâtre de Coven-Garden. Je lui annonce que je jouerai demain le deuxième acte de Roméo et le rôle de Falstaff , au bénéfice d'un de mes anciens camarades qui s'est démis l'épaule.

RETTY. O monsieur Kean !

PISTOL. En voilà un vrai et véritable ami , dans Iç bonheur comme dans le malheur,!

PETER, appelant. Philips! {Un garçon entre. )

REAN , lui donnant la lettre. Tiens , il y a réponse. Eh bien! tout le monde est-il prêt ?

PISTOL. Tout le monde.

REAN. Parlons, alors.

PISTOL. C'est juste; il ne faut pas faire attendre le vicaire.

REAN. Dhl ce n'est pas encore tout-àfait pour le vicaire , qui attendrait à la rigueur, c'est pour le souper qui n'attendrait pas. Peter, je te le recommande.

PETER. Soyez tranquille; je vais voir si la broche tourne.

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