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SCENE PREMIERE

SAL03I0N,r.ARD0LPH, TOM, DAVID, DARIUS, PISTOL, p»^ le IMédecuv.

SALOMOX. C'est cela, mes enfans , inscrivez-vous , voilà la liste.

HAUDOLPII, après s'être inscrit. Et quelle nuit a-t-il passée?

SALOMO\. Terrible.

TOn. Il est donc réellement fou ?

SALOMON. A lier.

DAVID. Ec dans ce moment ci le médecin le saigne ?

SALOMON. A blanc.

DARIUS. A blanc!..

BARDOLPH. Mais quel est son genre de

DARIUS. Oui, voyons, quel est son genre de folie?

SALOMON. Folie frénétique.

DAVID. Et que fait-il dans ses accès?

SALOMON. Il frappe.

DARIUS. Sur quoi?

SALOMON. Sur tout, et de préférence sur ceux qu'il connaît.

DARIUS. Conmient! il attaque son semblable !

SALOMON. Ah! mon Dieu! oui.

DARIUS. Il aura été mordu.

SALOMON. J'en ai peur.

DARIUS. Et il est enragé... « J'en ai coiffé » un des enragés , un homme qui avait » une position, quoi , il était mendjre des » Communes. Eh bien! sa rage à lui c'était de

» faire des tragédies ..; on ne les jouait » pas, elibieiil c'est, égal il en faisait d'au- )>tres; on les refusait, il allait toujours. j SALOMOX. « Et nioidait-il?

DARli;s.<(Oui, oui, oui , mais il ne fai- » sait pas de mal, il n'avait plus de dents ; » on le laissait faire, pauvre cher homme I »ça l'amusait '*^.»

SALOMON. Eh! tenez, voilà....

DARILS. IM. Kean ? je me sauve... ^SALOMO]\. Non , le médecin.

. DARILS. Ah! le médecin. Eh hien! monsieur le docteur...

ïOM. Comment va Kean?

DAVID. Y a-t-il espoir ?

LE 31pDECI\ , remelluni un papier à Salurnon. Vousluiferez suivre pouctuellcment cette ordonnance , tout autre traitement que celui indiqué sur ce papier ne pourrait qu'empirer son état.

SALOMON. Vous voyez que la chose est sérieuse, hein? voyons ce qu'ordonne le médecin... (// reluwne le papier de tous côlés^ il est blanc.) Ah ! ah I

DARIUS. Eh bien! qu'ordonne le médecin?

SALOMON. Quatre douches, deux saignées, un sinapisme.

DAVID, \eux-tuque je te dise, Satbinon? ça m'a l'air d'un àne, ton docteur.

DAniUS. Oui; oui, oui, il me lait Teftet d'un àne.

DAVID. Et à tel place, je le traiterais à ma mode.

SALOMON. Que lui donneriez-vous, voyons ?

DAVID. Je prendrais de bon vin de Bordeaux, je le mettrais dans une casserolle avec du citron, de la cannelle etdu sucre ; je le feiais chauffer, et de dix minutes en dix minutes, je lui en donnerais un verre.

DARIUS. INon, non , non, je ne ferais pas ça, moi.

SALOMON. Eh bien, que ferais-tu?

DAVID. Je te dis qu'un verre...

DARIUS. Non, écoutez pavid, vous jouez bien le lion, vous êtes magnifique sous la peau d'animal, mais quand il s'agit de médecine, c'est autre chose ; à la place de Salomon , je ferais le vin chaud.

DAVID. Tu VOIS bien.

DARIUS. Patience, je lui raserais d'abord latête coniineungenou, ça lui rafraîchirait le cerveau , ensuite je lui commanderais une perruque, ce qu'il yade plus beau en cheveux, du cheveu N" 1.

SALOMON. Et le vin chaud ?

* La censure a retranche les niol.s niarqui's crun gjiiljcuiçt, croyant y voir uac application h un membre de la Chambre des députes.

DARIUS. Je le boirais . alors. . . {On sonné ,) Dites donc, Saloinon , on sonne.

SALOMON. Allons, encore un accès qui lui prend.

DARIUS. Un accès, je me sauve ! {Salomon l'anclc. )

DAMD. Filons, filons.

DARIUS. Salomon, Salomon, pas de bêtises, voyous. ( On sonne encore.)

TOM ei B\RDOLPiï. Sauve qui peut !

SALOMON. Darius, mon aini , toi qui es le plus brave, reste avec moi, je t'en prie.

DAUIUS. Père Salomon, si vous ne me lâchez pas, je lais ma plainte, je vous dénonce, je ne vous poudre plus vos perruques, je vous enfonce des épingles noires dans les mollets, et je vous mords le nez. {Salomon le lâche) Ah I mais...

(II sorti. ^ '

SALOMON. Ah! les voilà partis; j'espère que ça va se répandre, car si l'on venait à savoir...

PIS roL , se Icoant du coin oii il est resté assis , et venant îi Salomon. Monsieur Salomon ?

SALOMON. Tu es encore là, toi! pourquoi n'e^-tu pas parti avec les autres?

l'isroL. Parce que vous avez dit qu'il vous fallaitquetqu'uii, monsieur Salomon.

SAL03I0X. Tu es un brave garçon, vat'en.

PISTOL. Moi , jamais !

SALOMON. Aie [uoniets-tu d'être discret ?

PISTOL. Moi , je crois bien. ( Salomon liiipaile cl l'oreille). Vraiment? oh !

SALOMON. Pas un mot.

PISTOL. On me couperait plutôt le cou.

Oh! que je suis content, que je suiscontenti {Il sangloteyA)\\\ M. Kean, monsieur Salo-

oh

je m en vas.

(Il sort.)

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