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SCÈNE XXVI

Les Mêmes; LOUSTIC, une mèche à la main. LOUSTIC.

J' dis que ma boîte a joliment fait son effet , tout d même... J'espère, messieurs, mesdames, que vous n'oublierez pas l'artificier?

WERTHER

VOLMAR, à Fritl.

Fais avancer la voiture. {Fritz son un instant. — Volmar, arrachant le pistolet à Werther.) As-tu perdu la tête ?

WERTHER

Pas encore; mais ça ne sera pas long, si tu veux Lien permettre...

( Il cherche à reprendre le pistolet.) VOLM.in.

Non pas, non pas.

WEnTHER.

Volmar, es-tu mon ami?

VOLMAR

Oui.

WERTUER. '

Mon véritable ami?

Sans doute.

WERTHEH.

Laisse-moi disposer de mon individu... je me suis trop avancé pour reculer.

FRITZ, paraissant.

Voilà la voiture.

VOLMAR, l'emmenant.

Allons, Werther, prends congé de la compagnie.

WERTHER, se débattant.

Et de quel droit?

VOLMAR, l'entraînant malgré lui; il est aidé par Fritz.

Je te le dirai plus tard ; viens toujours.

WERTHER

Tu vois, Lolotte, qu'il y a force majeure... mais rassure-toi, je ne suis pas homme à en démordre. Albert, si tu étais bon enfant, comme je t'ai connu autrefois , tu permettrais à Charlotte de m'accompagner un petit bout de chemin.

ALBERT

Va te promener, par exemple !

WERTHER s'est échappé des mains de Volmar au moment de monter en voiture; il revient comme un furieux sur le bord du théâtre.

C'est égal, nous nous reverrons, Lolotte; il

est un autre monde, où les amants vexés darls celui-ci...

CHARLOTTE, essuyant une larme.

Oh î oui, bien vexés.

Je vais t'y attendre... et là, réunis...

CHARLOTTE

Pour jamais.

WERTHER

Narguant l'autorité maritale...

ALBERT

En v'ià assez.

WERTHER

Nous nous abreuverons des torrents d'une éternelle félicité... Adieu... pour la quinzième fois... Je vais retenir ma place dans l'éternité , et tu me trouveras au séjour des ombres... quand tu viendras faire un tour aux Champs-Elysées. ( Ici Fritz entraîne Werther dans la coulisse.) ALBERT.

Je vous en prie, monsieur Volmar, veillez sur lui ; dites-lui qu'il me donne souvent de ses nouvelles ; vous savez combien je l'aime ; mais tâchez que je ne le revoie plus. Le voilà encore.

VOLMAR

C'est pour la dernière fois.

( Ici Werther reparaît dans une voiture qui traverse le théâtre. )

WERTHER, au public, par la portière.

Arrêtez, cocher.

( Volmar monte avec lui.)

Air de Figaro.

Cœurs sensibles , cœurs fidèles , Que l'amour a fait gémir !

Par mes souffrances cruelles Puissé-jc vous attendrir !

Werther ne demande aux belles , Pour prix de tous ses malheurs , Que des larmes ou des pleurs.

TOUS

Werther ne demande, etc.

(La voiture se met en mouvement. Charlotte se trouve mal dans les bras d'Albert. Tous les paysans lèvent les mains au ciel. Le rideau tombe sur ce tableau.)

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