‹ Pièces de théâtreChapitre 479 sur 1069 · LE MAGASIN · texte numérisé non relu

LE MAGASIN

DON JUAN , Jui presentan.t le oulez de don Sandqval. Tout vous sera expliqué par cettelettre, madam^. , , /.; ^ ,j ,,.,,.

INÈS. Mais donnez donc! nej yoye?-voùs pas que je meurs d'impatience? {Eli e Ut et regarde don Juan.) Cette lettre n'est p^ de don Sandoval. ., ,< :■' .ri< . ;.'■,{.

DON JUAN. Ne recGixn^issez-vom pomt son écriture? »• ;>, ,

INÈS. Si fait, par Notre-D.aniè, c'est bien ; la sienne! mais écoutez, je ne comprends pas bien encore ; expliquez-moi tout cela.

DON JUAN. Don Sandoval possédait un trésor dont il ne connaissait pas tout le prix ; il l'a joué , il l'a perdu, voilà tout! ,, INÈS. Mais je ne vous aime pas, moi. [

DON JUAN. Si vous baissez don Sandoval, cela revient au même.

INÈS. Oli ! si j'étais sûre qu'il eût commis cette infamie... j

DON JUAN. Vous avez d'autigs lettres de lui , comparez. , . ;. ,

INÈS. Oui, oui. {Comparant,) "S o\\k bien sa signature , la même qu'il osa mettre au bas de la première lettre où il me dit : Dona Inès, vous êtes belle ; dona Inès, je vous aime. Don Sandoval d'Ojedo! im nom de noble que je croyais un noble nom ; don Sandoval , c'est-à-dire l'homme que je préférais à tout dans ce monde , à ma soeur, à ma mère , à Dieu ! et c'est celui-là , le même, le seul pour lequel j'eusse dû demeurer sacrée , qui me joue , qui me perd, qui me livre , et c'est bien vrai tout cela , vrai sur l'honneur d'un Espagnol? vrai sur la foi d'un gentilhomme?

DON JUAN. Sur la foi d'un gentilhomme et sur l'honneur d'un Espagnol , c'est vrai .

INÈS. O mon Dieu! mon Dieu!

DON JUAN. Maintenant le, haïssez-vous, madame? ^ >> -U' , '

INÈS. Maintenant , je leaiiéprise.

DON JUAN. Et moi?...

INÈS. Vous êtes noble?

DON JUAN. Comme l'infant.

INÈS. Vous êtes brave?

DON JUAN. Comme le Cid.

INÈS. Et vous vous nommez?

DON JUAN. Don Juan.

INÈS. Don Juan, je t'aime !

DON JUAN. Bien, ma Chhnène.

INÈS. Ecoutez, cependant.

DON JUAN. J'écoute.

INÈS. Il m'a vendu, il en avait le droit, puisque je me suis donnée... c'est bien , mais vous qui m'avez achetée , vous ne saviez pas sans doute que j'avais fait mi serment?

THEATRAL

■yiV^^AW-^É^Ô^t iittt .^» ^^v;«f : .Hî..

INÈS. De ne point appartetiii' à uli'àtfqu iiiâut qju'u meure pour que

tre tant' qii il serait vivant..'.' Vous Voyez donc bien qu'il îâùt qju'il itieure pour que je puisse être à vous,. ' "•^"*'

DON JUAN, prenant'' sdÀ'màhtyaùy^' est juste, il mourra. - »..-'i

- , INÈS , allant à lui'aveC ^* 'UhMfef'dùute. C'est bien vi'ài , aïî^iÀdtàs ^'^iè'qiré'^ous m'avez dit? ^ ^ , .chî;, a,/. •'^

DON JUAN,; Aussi vrai qu'il est au Prado oii je vais le chercher...

INÈS. Allez donc! et amenez-le là';., là, devant cette fenêtre , poiiV qtié je soie' sûre qu'il m'a trahie... et quand il sera îà , frappez et que je le voie tomber, afin que jfî sols sûre qu'il est niortî "<*-^» ■■•>'i

DON Ju AN. Et vous m'attendrez ici? ^

INÈS , sonnant. Maître ( Gomès entre.

Inès dépose son wile ) , des glaces , des sorbets... je soupe chez vous avec ce gentilhomme... {Gomès sort) ou si mieu^ aimez, prenez là clef et enfermez*moi !'...'

DON JUAN. Merci , iiia lionne.'., j'ai eoiifiance en votre parole. ' ■ '"

(11 sort.)

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