‹ Pièces de théâtreChapitre 49 sur 1069 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

SOSTHÈNE, traînant une ■petite charrette chargée de paquets et de divers ustensiles de saltimbanque.

Air du Postillon de Lonjumeau.

On prétend que l'amour rend bête, Je m'en aperçois, en effet; Depuis que je l'ai dans la tête Je suis une espèc' de baudet.

Mais quand la passion est extrême, On d'vlent vraiment bien animal; Et pour la femme que l'on aime On peut faire un métier d' cheval!

Oh I oh ! il s'rait mêm' beau De faire l'état de chameau...

Oui, pour ell' je me Trais chameau.

Me voilà quadrupède par inclination I m audit âne qui s'avise de tomber malade. Nous nous sommes arrêtés en route pour lui faire poser les sangsues; et c'est à moi qu'on adonné sa place: je suis passé âne à l'unanimité I c'est la faute de Gringalet; il n'est pas venu nous rejoindre; on n'a point de nouvelles de ce paillasse, et c'est encore moi qui remplis l'intérim : mais ça m'est égal, pourvu que Zéphirine me récompense. Un homme qui traîne une charrette, on ne lui donne pas de l'avoine, il lui faut autre chose. Ah çàl mais je n'aperçois pas les autres, ils ont été plus vite que moi, naturellement. Oh! je les vois là! dans le cabaret, où ils se rafraîchissent ; je ferais volontiers comme eux.

Il va pour eutrer.

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