SCÈNE m
Les Mêmes, BILBOQUET
BiLBOQDET, Sortant de la mairie.
Oui, monsieur le maire, oui, magistrat paternel, vous serez satisfait... Eh bien, mes enfans, où en sommes-nous? avons-nous aperçu le pèreDucantal? "'•
SOSTHÈNE
Pas encore I
BILBOQDET.
Où diable le trouver? Si j'avais le temps de courir les auberges, mais je n'ai pas le temps; les autorités de cette ville viennent de me charger d'une mission politique.
ZÉPHIRINE
Pas possible !
BILBOQUET
Je n'en impose jamais!... J'étais à la mairie à faire viser mon passeport, comme c'cstl'usage chez tous les peuples libres; lorsque le secrétaire delà chose m'adresse la parole : un petit homme louche, très-spirituel.
SOSTHÈNE
Louche ?
BILBOQUET
Tous ceux qui sontmarqués au B sont spirituels. « Mon cher, me dit-il, vous êtes saltimbanque ? » Oui, monsieur, lui réponds-je; entièrement dévoué au gouvernement et à la gendarmerie royale. (// ôte son chapeau.) « Parbleu! mon brave, vous arrivez à propos; nous donnons aujourd'hui une fête pour l'installation d'un nouveau sous-préfet ; les habitans
LES SALTIMBANQUES
sont heureux de ce magistrat qu'ils ne connaissent pas... oh I s'ils le connaissaient! mais ils ne le connaissent pas ! et vous contribuerez à les ré j o uir . «Volontiers I Combien payez - vous l'enthousiasme, terme moyen? «Douze francs, a Cité généreuse! j'accepte tes bienfaits! tu auras des merveilles, tu en auras pour ton argent.
7*,PHIRINE.
Nous allons dcuc encore travailler ?
BILBOQCET.
Je n'ai jamais refusé un service, surtout quand je suis payé pour ça. On n'a toujours pas de nouvelles de Gringalet?
ATALA
Nous ne l'avons pas revu,
BILBOQCET
Ça m'inquiète! Pourvu qu'il n'ait pas commis quelque distraction... ce jeune homme a été si mal élevé ! mais n'importe ! Toi, ma pupille, tu vas retir un costume andaloux; etmoi, je serai l'Espagnol incomparable.
SOSTHÈNE
. Eh bien! et mon père? et l'oncle de Zéphirine ?
BILBOQCET,
Je ne l'oublie pas ; j'ai mon plan : cet homme d'âge, attiré par l'éclat de nos exercices, va sortir de sa tanière; nous le repincerons au demicercle
ZÉPHIRINE
Ah çà ! où vais-je m'habiller?
A la mairie 1 on nous accorde pour vestiaire le cabinet de M. le commissaire de police... {Il ôle son chapeau.) C'est galant; les costumes nous sont fournis par le Babin de l'endroit; celui qui entreprend à Meauxles bals Musard. Vate faire belle.
Zéphirine entre à la mairie.
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