SCENE V
FANNY, puis BONIVET.
FANNY. Oh ! quel bonheur ! quel bonheur! il consent à mon mariage.
lîOMVET, entrant avec précaution. Fanny!
FAN^Y. Bonivet !
UOMVET. Oui, c'est moi ; je guettais le départ de votre père... Fanny, répondezmoi de toute la vitesse de voue langue... , Fanny, c'est-y oui, bien décidément? Oh I je tremble comme le ressort d'une montre qui avance... Fanny, parlez donc... votre père vous a dit...
FANNY. Oui, monsieur, mon père m'a dit que vous lui aviez demandé ma main,
MAGASIN THKATISAl,.
que vous m'aimiez... que vous vouliez faire iuon bonlieur.
BONiVET. En efFet, je lui tins à peu près ce langage... Et qu'avez-vous répondu ?
FAivNY. Que je vous aimais aussi, et...
BOM VET. N'achevez pas, Fanny... Je dois être pâle... la joie... avez-vous un peu de sucre et de fleur d'orange... ou une tranche de jambon?... car, Fanny, depuis que je vous aime, je ne bois plus, je mange de juême, et je dors encore moins.
FANiMY. Voyons, remeltez-vous, et causons... Est-ce que vous avez faitvotreinspection ?...
BOMVET. De champignons?... non, la cloche n'a pas encore sonné... Savez-vous, Fanny, que j'ai eu mille fois l'envie de mettre dans ma poche les champignons vénéneux que je rebutais, pour m'en faire un breuvage éternel... Savez-vous, Fanny, que depuis qu'on a ajouté à mes fonctions celle d'inspecteur des herbes pour les chèvres et les lapins, je me suis surpris à en brouter de rage?
FANIVY. Vraiment, mon pauvre Bouivet?
BONiVEï. Savez-vous, Fanny, que je ne me mets au lit qu'en tren)blant, tant je fais des lèves horribles?., cette nuit encore, je croyais être cafetière, et je me voyais bouillir devant le feu... Jugez si ça échauffe le sang... ça n'était plus tenable.
FAMVY. Mais puisque papa consent à notre mariage.
BOMVET. Aussi, c'est fini, jene veuxplus rêver que guirlandes de roses et petits pots à la crème... O Fanny, Fanny!... je suis bigrement heureux... et pourtant il y a encore une chose que je désire... pour mettre le comble à mon extase.
taMjVY. Qu'est-ce que c'est donc?
EONIVET.
Air : Petit blanc.
Ali ! ne sois point rruelle.
Je conipt' sur ton bon cœMr Pour obtenir, ma belle, Un' grand' dc'cim' faveur Qui complet' mon bonheur.
Fanny, calme ma peine, Je serais si joyeux Si j'avais une chaîne De tc^ jolis cheveux.
Ah ! ne sois point revêche, Fais-moi ce cadeau-là !
Seulement une mèche, Et Dieu te la rendra.