SCÈNE X
MULLER assis, ALFRED , sortant pâle et agile de lu chambre d'Angèle.
ALFRED. Que faire?... que devenir? — ou trouver l'homme qu'il me faut , et cela à l'instant même?
HE\RI , se levant. jMonsieur d'Alvimar.
ALFRED. Henri Muller !... {Se frappant le front. ) Ah! il n'y a pas d'autre moyen.
HENRI. Qu'avez- vous?...
ALFRED. Monsieur... vous êtes homme d'honneur... et vous savez ce que c'est que
l'honneur il faut que vous m'aidiez à
sauver celui d'une femme!...
HENRI. Comment cela, monsieur?
expliquez-vous ?
ALFRED. En votre qualité de médecin...
on a dû parfois vous faire des demandes seniblables à celle que je vais vous adresser Promettez-moi de na'accorder la
mienne. . . promettez-le-moi ?
HENRI. Si elle ne sort en rien des devoirs de mon état.... si même elle ne compromet que ma personne...
ALFRED. Elle est dans les devoirs de votre état , et ne peut point vous compromettre.
HENRI. Alors parlez...
ALFRED. Assez loin d'ici pour qu'il n'y ait pas un instant à perdre , monsieur, une
jeune fille en ce moment.... une jeune
fille de haute noblesse une jeune fille
dont le déshonneur rejaillirait sur toute
une famille une jeune fille va devenir
mère.
HENRI. Je comprends ce que vous demandez de moi , monsieur.
ALFRED, a':>en anxiété. Eh bien?
HENRI. Je suis prêt à vous suivre.
ALFRED. Ecoutez, monsieur, ce n'est pas tout...
HENRI. Après.
ALFRED. Cette jeune fille, vous pourriez
la rencontrer dans le monde plus tard
un jour...
HENRI. Un pareil secret est .sacré , monsieur; je ne la reconnaîtrais pas.
ALFRED. Mais elle vous reconnaîtrait , vous .. et elle en mourrait... elle eu mourrait de honte, monsieur ! Ecoutez , ne
me rendez pas service à demi... permettez une chose.
HENRI. Laquelle?
ALFRED. Que je vous bande les yeux !.. .. que je vous conduise ainsi jusque dans .sa chambre...
HENRI. Je vous comprends, monsieur.
ALFRED. Et vous y consentez?
HENRI. J'allais vous le proposer.
ALFRED , à part. Je suis sauvé!
HENRI, prenant son chapeau. Je suis prêt.
ALFRED. Descendez, monsieur, descendez le premier... et attendez-moi au coin de la rue dans un fiacre ; je vous rejoins. .. Allez , allez.
ALFRED. Louise...
LOUISE. jMonsieur?
ALFRED. Dans un quart d'heure , je reviens... rassure ta maîtresse.
LOUISE. Hàtez-vous!
ALFRED. Je cours...
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