JEANNETON, L'ESPÉRANCE
JEANNETON. Saint-Lazare ! Saint-Lazare ! Ah I tu me défends de dire dans Paris que je suis ta cousine... eh bien! j'irai le dire à Versailles!.. Ah ! j'étouffe de colère!...
l'espÉranGE. N'étouffez pas, ma chère îeanneton... j'ai trouvé un expédient pour
me rapprocher de vous... je déserte... et je vous enlève...
JEANNETON, Vécoutanl à peine. Le plus souvent que je veux d'un déserteur pour mari!., et la maréchaussée qui pourrait vous prendre même dans le lit conjugal...
l'espérance. C'est vrai! la maréchaussée aurait ce droit-là!
JEANr^ETON. Ah!., il faut que je me venge de ma cousine , ou que je meure de chagrin !
LESPÉRANCE. Comment Se venger d'une fenune qui est si haut perchée? vous n'avez pas les bras assez longs .
JEANNETON. On peut les rallonger ; M. de Lauzun va revenir... oh! si j'osais! si j'osais 1 et pourquoi pas ? oh! que j'aurais de plaisir à l'humilier à mon tour !
l'espérance. Ravaudeuse adorée.....
voyons, voyons... du calme, de la digni.té; revenez à vous, physiquement parlant.
JEANNETON , comme décidée. Monsieur l'Espérance I
l'espérance. Mon espoir!
JEANNETON. Avez-vous confiancc en moi ?
l'espérance. Oh Dieu!
JEANNETON. Croyez-vous à ma vertu?
l'espérance. Oh ! diable !
JEANNETON. Eh bien ?
l'espérance. J'y crois comme à mou coiuage.
JEANNETON. Eh bien!., écoutez-moi.
Air de l'Apothicau-e.
Comme Dubarry, si j'avais Bientôt une noble origine...
Un bel hôtel, de grands laquais , Avec une brillante berline...
Si j'avais dentell', falbalas !
Que dirais-tu ? rcponds-moi vite !