SCENE X
M™» DUBARRY, M"'' DE SAINT-YON , Seigneurs et Dames de la Cour.
CHOEUR
Air
L'esprit, la grâce et la bonté Sont rornement d'un rang saprême ; Et notre grand prince lui-même Est le sujet de la beauté.
M"*' DE SAINT-YON. Je suis dansdes transes mortelles!..
M""' DUBARRY, « qui Saint-Vallier donne la main. J'avais besoin de venir ici respirer un moment !.. on étouffe dans la grande galerie.
M""^ DE SAINT-YON. Ce qui ajoute à la chaleur, c'est que tout le monde tient à vous admirer de près... on vous entoure... on vous presse... on vous assiège.
LE CHEVALIER. Chacun veut pouvoir dire : Je l'ai vue !..
( Il s'éloigne.)
M"^ DE SAINT-YON. Ajoutez que pour mettre le comble à l'cmpressoment de la foule... l'éioffe de votre robe est comme votre personne... sans pareille!..
M"' DUBARRY. C'est une étoffe de Lvoq-t
faite exprès pour moi... et dont le métier a été brisé sur-le-champ... Cette fois du moins, je pourrai dé6er l'impertinente lutte... où ce petit vicomte de Lauzun s'est engagé... sa comtesse ne viendra pas d'ailleurs me chercher jusqu'ici.
M'"^ DE SAINT-YON, à part. Si elle savait que cette femme...
M"'* DUBARRY. N'a-t-on pas osé répandre le bruit ridicule que cette créature était ma parente. . . ma cousine?. . heureusement, grâce à mes soins, cette calomnie n'est pas arrivée jusqu'au roi... mais ici... tout le monde aies yeux sur nous... et tout le monde cherche à nous entendre. . . l'espionnage est un plaisir de cour... entrons dans votre boudoir... j'ai à vous parler au sujet de cette affaire, vous savez ?..
M""* DE SAINT-YON, embarrassée. Mon boudoir... mon boudoir... {A part.) Ah!
mon Dieu! elle est peut-être encore là !
M"^ DUBARRY. Nous pourrions y causer plus à notre aise.-. Je connais le secret de votre petite porte...
M""* DE SAINT-YON. De grâce!..
M'»^ DUBARRY. Comment! du mystère avec moi !
Bime j)E SAINT-YON. Pardonnez...
M"'^ DUBARRY. C'est bien ! . . c'est bien ! . . je ne veux rien savoir. (A part.) Je parierais, que c'est ce mauvais sujet de Grammont qui trompe toutes les femmes. . . cette pauvre marquise ! . .
M"^ DE S\INT-Y0N, à part. Cette pauvre comtesse!
M™^ DUBARRY. Du reste, Un mot suffira..
Avant que le roi vienne me rejoindre dans ce salon, dites-moi, avez-vous enfin reçu une réponse de M. le lieutenant de police?
M™^ DE SAINT-YON. Ce soir même.
M"^ DUBARRY. Eh bien ?
M"® DE SAINT-YON. Après trois mois de recherches, on a découvert enCn la maison... où l'adversaire de Saint-Vallier s'était fait porter après le combat, mais la cassette que vous réclamez avait disparu, et n'a pu être retrouvée.
M"" DUBARRY. Et qu'est dcvenu l'imprudent jeune homme? '
M"^ DE SAINT-YON. Il cst mort de sablessure.
M""^ DUBARRY. Mort!., mort!., grand Dieu !..
jjme DP s\iNT-YON. Mon amie... d'où vient ce trouble? de grâce, songez où vous êtes, et remettez-vous.
MAGASIN THEATRAL
M"» DUBARRY. Oui, OUI, VOUS avez raison... il faut garder son visage de cour. . . il faut rire... quand on voudrait pleurer... (Acclamations.) Qu'est-ce donc, marquise?
W^' DE SAINT- YON. M. de Saint-YalUer va nous l'apprendre.
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