SCENE in
M-« PICHARD, BÎARTIAL.
njme picHVRD , au fond. Prévenez mon cousin!... Ah! quelles voitures !... quelles routes!.,, les chemins de fer ne seraient pas plus duis... [S'nsseyant.) Je suis moulue....
SUZAiNiNE.
MARTIAL, à part. Le fait est qu'elle me paraît plus endommagée qvie la dernière lois ! . . . (La regardant.) Absolument les ruines du Kremlin !..,
jjme picHARD. C'est toi, Martial?....
Qu'est-ce que tu fais là?...
MARTIAL, saluant. Vous me faites honneur, manie Picliard... et vous, pareillement?
j^jme picuAiiD, regardant au Jond. Merci !.. Eh bien, Geneviève I... Où va-t-elle donc, avec Cocotte et mes cartons?.,.
MARTIAL. Dans le vieux bâtiment du jardin...
jjme PICHARD, montrant la porte à gauche. Pourquoi pas dans le pavillon que j'occupe ordinairement?
MARTIAL, à part. Bou !... ça valavexerl.. [Haut.) Ahl... c'est que pendant votre voyage, madame Picliard, le colonel l'a fait remettre à neuf.
■y^me picoARD , d'un air agréable. Mon appartement?
MARTIAL. Il est joli! Ahl des esculp-
lures... des papiers danois... des petits meubles pareils... C'est le colonel qui atout choisi.
■yme piciiARD , adoucie. Ce pauvre cousin... une attention si délicate I..,
MARTIAL. Oh !... M'^^ Suzanne... y a été bien sensible. ..
jime PICIIARD, étonnée. Heinl... ]>!"« Suzanne?...
MARTIAL. C'était pour elle... c'est elle
qui 1 habite {A pari.) La v'ià déjà écar-
lale...
5ime PICHARD. Disposer de mon appartement I . . .
MARTIAL, à part. Boni ça tourne au violet I...
jjme PICHARD , piijuée. Me reléguer dans le vieux bâtiment I... Et qu'est-ce que
c'est que IM"^ Suzanne une ouvrière...
vme espèce de servante?...
MARTIAL. Du tout!... une charmante Qlle, bonne, espiègle... et jolie !... 'A part.) Bien!... elle pâlitl... la v'ià tricolore à présent I. ..
jime PICHARD. J'entends!... une petite
aventurière!.. .
Am : T cil quelle un pitit de inon âge. i
Au ton léger, aux nianicies frivoles,
Au langage bien doucereux , |
Et qui céans par de belles paroles !
Aura séduit et son coeur et ses yeux. I
MAIITUL. [
Bon Dieu ! ffnclle erreur est la vôtre !.. '
De bell's parol's ! pauvre enfant, j' vous promets, ! Puisi)nVll(; est iiuielt', (ju'eU' n"a jamais, l'u diic nu mot [)Ius liant «fue raiilre. Dit un seul H\i>\ [lins lia'.it rpn; l\nitic.
M"^ PICHARD. Muette?... Ah!... je me rappelle confusément — Oui, Suzanne...
cette jeune oipheline... une catastrophe... à l'âge de six ans !... IVIais mon cousin la faisait élever dans une petite ferme de Bretagne?...
> MARTIAL. Oui... mais à votre départ, il
l'a rappelée près de lui Ca le distrait. . . .
ça l'amuse!... C'est qu'elle vous a une intelligence , un esprit... un cœur!... n'y a que la langue qui n' marche pas... mais on la comprend tout d' même... Ses yeux babillent avec une vivacité... elle a des petites grimaces si drôles!... des bras qui vont {il r imite) à'icï... de là... en haut... en bas... comme le télégraphe... Le colonel en raffole, quoi !...
j^me picH.ARD , à part. Je suis restée absente trop long-temps... (Haut.) Ce n'est pas une raison pour oublier les égards que l'on me doit... et je vais m'en expliquer...
MARTIAL. Jnstement, j'entends le colonel... (A ^a//.)Elle étouffe!... l'aftaire est en bon train.
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