‹ Pièces de théâtreChapitre 795 sur 1069 · GENEVIEVE · texte numérisé non relu

GENEVIEVE

monsieur l vous oubliez que ce n'est pas pour moi.. .

RAPHAËL. C'est juste; j'ai le malheur d'être si distrait !... et puis ta maîtresse ne vient pas... moi qui aime à utiliser mon temps.

GENEVIÈVE, lui présentant un siège, et ai^r.c mystère. Donnez-vous la peine de vous asseoir, de vous calmer... j'vas la prévenir.

Elle lui fait signe de garder le silence, remonte vers le fond, et, à la fin du monologue suivant, reparaît avec Suzanne.

RAPHAËL, seul sur le devant de la scène. Charmant I du mystère... une petite porte, une aventure moyen âge, à réjouir tous mes amis les désœuvrés de Tortoni! Surtout, si avant de me battre, je puis mériter la vengeance du vieux brutal de Castillan qui est venu me défier! J'ai du temps devant moi... le combat n'est que dans une heure... et à tout événement... (^Regardant par la fenêtre qui dt restée ouverte.) J'ai placé mon grooui liaptistc eu vedette, pour m'averlir dos que mon adversaire paraîtrait !.. s'il parait... car jecoinjneuce à croire que c'était une ruse pour

m'iniiinider... Parbleu! il a bien trouvé son homme... et je lui apprendrai... {Se retournant.) C'est elle!... c'est mon inconnue I

GENEVIÈVE, bas à Suzanne. Je me tiendrai là... {Montrant le fond.^ Et il sera bien fin s'il peut nous échapper.

Elle soi t.

SCEÎNE XYI.

RAPHAËL, SUZANNE. RAPHAËL, à ^;a/7. Ravissante!... d'honneur ! mille fois plus jolie de près que de loin !... elle a renvoyé sa camériste... trèsbien! cela annonce un certain usage.

Heureux Raphaël ! quel piquant tète-àtête... quelle délicieuse conversation!... (// rajuste sa crai'ule , passe sa main dans ses cheveux et fait plusieurs saints de la tête; Suzanne, pendant ce temps ^ s'est approchée lentement et avec embarras. Puiplia'éel cherchant ses mois.) Belle dame, je ne m'attendais pas... c'est-à-dire, je n'osais me flatter... que mon hommage... certainement mom hommage... {A pat voyant quon ne lui répond pas.') Ah çà! elle ne m'aide pas du tout , et me laisse m'embrouiller dans monhommage. .. c'est juste ! elle a faitles premières avances avec le pot de fleurs... c'est à moi maintenant. [Haut et d'un air fat.) Il est donc vrai... charmante inconnue... que vous n'avez point été offensée de mon audace?. . et. . . {Suzanne baisse les yeux en riant sons cape.) Pas de réponse... elle craint que sa voix ne trahisse son émotion. {Reprenant avec plus de chaleur. ) Avec quelle impatience! j'attendais l'occasion de vous peindre mon amour!., cet amour que les obstacles n'ont fait qu'irriter,., cet amour qui ne ressem ble à aucun des amours.

qui.

a aucun

des amours qui... {A part en la regardant.) Rien! Je vois ce c|ue c'est... elle est étrangère... ça doit être une Anglaise! je lui parlerais bien anglais; mais je ne le sais pas. ( Haut. ) Que dois-je penser de ce silence opiniâtre, belle insulaire? Ma présence vous déplairait-elle ?

SUZANNE, i^ivemenl et par iignes. Oh I non !

RAPHAËL , Cl part. Si , elle comprend ; ces yeux expressifs! C'est une Espagnole!..

(//</»/.) Vous voulez que je reste" céhsle Andnlousc?

SIZ VNNE, vivnnrntct par signe;. Oui !

P. M'IIAEL, étonné a part. Elle comprend tiès-hicn... C'est une Française^! (Unut.) î'ii bien î alois , charmante {^;r;6i■. hkc !.., qu'un mot de cette bouche iliviiio

MAGASIN THEATRAL

SUZANNE , par signes. Non ! vous avez beau faire ! je ne parlerai pas.

RAPHAËL. Vous neparlerez pas ? {Ji part.) ïl paraît qu'il y a des raisons majeures?.. Est-ce caprice , crainte , ou coquetteïie pour me piquer au jeu? Apiès lout, je ne puis me plaindre... elle me permet de rt'Ster, elle m'écoute sans colère! [En souriant.) Je trouverai bien moyen de la forcer à parler, ou ma foi... qui ne dit mot, consent.

SUZANNE , remarquant son air préoccupé et lui montrant un fniileuil prts d'elle. A quoi pensez -vous? Allons , venez là, près de moi... (^A part en regardant la pendule.) Pourvu que je puisse gagner du temps... que je fasse manquer l'heure de ce duel I Elle se tourne vers Raphaël en souriant, et l'invite encore h s'asseoir aupiès d'elle.

RAPHAËL, à part. C'est une épreuve...

quelque gageure... c'est très - original ! Parbleu! nous allonsvoir. (// ra s'asseoir et rapproche son fauteuil à mesure que Suzanne éloigne le sien.) Si vous me privez du bonheur de vous entendre, que ces yeux si doux daignentau moins se tourner de mon côtél {Suzanne hésite.) Non?., je croirai alors que je me suis flatté d'un faux espoir... et je conlinuerai mon chemin. {Suzanne jette un coup dœil ii la dérotiée sur la pendule, puis se tourne <'ivement oers Raphaël et le regarde tendrement.) Non, non , non ! on ne veut pas que je m'en aille. {Haut ) Et cette jolie main, ne puis-je la presser dans la mienne? vous la retirez!... alors, c'est que je vous .suis odieux... et je vais... (// se lève. Même jeu. Elle le faii rasseoir et lui abandonne sa main.) A merveille I c'est du velours... du velours satiiié! Je commence à trouver la plaisanterie excellente! et puisqu'on ne me refuse rien... ma foi... (// i'eut l'embrasser. Suzaiin<'.,se levant tout émue, le repousse avec colère et lui ordonne de s'éloigner. Raphaël étonné.] Comment...

que signi

fie?..

ce regard impérieux

{D^ un ton piqué.) Ah! pardon, madame

je vois que je m'étais trompé; j'obéis... je m'éloigne!... {Il fait un pas pour sortir. Suzanne s'élance at^ec sfjroi vers la porte, la ferme à double tour en le regardant d'un air de triomphe. Musique jusqu'à Ij fin de l'acte. Raphaël àpart.) Pour le coup... ceci est assez clair. . . et je serais un sot. . .

Il va h elle d'un air délibère. En ce moroent, on entend la voix de Baptiste.

BAPTISTE , en dehors. Monsieur, monsieur !. ..

RAPHAËL, étonne. C'est Baptiste!...

BAPTISTE, en dehors. Hél vite ! monsieur votre adversaire vous attend depuis une demi-heure!...

RAPHAËL. Il attend!... Je .serais déshonoré !... (// veut courir à la parte. Suzanne pluseffrayée, relue la elel\ s'attache à lui, et fait des efforts surnalurels pour parler, pour le supplier. )^\\ bien, eii bien! .. qu'e.st-ce que vous faites donc, ma petite?... Cette clef! !)onn('7-la moi , je la veux!... Je serais ptrdu {Geste de supplicalion.) Vous avez peur pour moi, vou> avez tort , j'ai une telle habitude... {Suzanne frappre, jette la clef par la fenélie à gauche) oh!... diable de petite femme!.... qiiaud la passion s'en me'o... puisuu;' je vous dis que je reviendrai.. . Cinq minuies. .. je suis sûr de moi , c'est un homme mort.

Suz-innc cliancellc et s'appuie contre un fauteuil ; Raphaël court à la porte.

BAPTISTE, en dehors. Vi'.e donc, monsieur.

RAPHAËL, à la poi te du fond. Feiiuée à double tour {courant à la fenêtre) ah ! .. ma foi! Ce nest qu'un entresol!

11 s'r'i;ince par la fenêtre.

SLiZXNNE, cjfruj'ée et faisant des effoi L< pour Cfier, pour appeler, court à :a fenéti e et au ndiicu de .-nn effoi hd.'^se êchappct un cri, puis les mots : Arrêtez ' arrêtez I

Elle tombe agenouitlce près de la Icuëtrc. toile baisse.

SUZANNE

00*iaQS>a!S(aaaoaaaaoaaacuiaaoeMiaat^aoaaaa^,e^

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