‹ Pièces de théâtreChapitre 801 sur 1069 · LE COLONEL, SUZANNE, GENE- VIÈVE · texte numérisé non relu

LE COLONEL, SUZANNE, GENE- VIÈVE

LE COLO\'EL, il G:ncoicce , qui fait mine de s'éloigner. Toi, Geneviève, reste!...

( y4 /J'vr/. ) Celte petite pourra m'aider... car j'ai grand besoin d'être aidé... [Toussant et s 'encouragea nt .) lluiu ! ... Suzanne... il y a une époque de la vie... où l'iioinine doit... (^ part.) Le diable m'emporte si je sais par où commencer I

SLZANNE, lai il Genei'ièoe. C'ej.t drôle!. ., il n'a pas l'air très-rassuré. .. est-ce que je lui fais peur?... je vais lui dire qu'il a tort I . . .

GENEVIÈVE . i'anélanl. Chut'... c'est Ir moment de s'observer plus que jamais.

LECOLGAEL^ Cl pu il. Allons, allons!... en avant la vieille garde [...{Haut.) Suzanne... parlez - moi... comme à votre meilleur ami... {D^une voix émue.) Aimcz-vous ce jeune homme de l'Opéra .^

srzAIMVE, viy-fntent , // part. î\Ioi ! ( S\urétaut, et par signes. )0\ïi^on ! je vous jure.

LE COI.OKEL , respirant, à part. Ah!

voilà déjà une bonne avance!... {Haut.) Aimez-vous quelque aulie jeune homme?

SUZANNE, à part. Un autre jeune homme... {^Poussant Gcua'iii'c.) ÎMais parle donc, loi !

GENEVIÈVE , au colonel. Nous ! aimer des jeunes .gens ! fi donc, colonel !

LE COLONEL, à lui-nirme. Àhl... voilà un boulet de trente-six de moins sur la poitrine!... (^Hanl.) C'tst qu'alors je vous proposerais... c'est-à-<iire I... non... voilà... Je connais quelqu'un. .. (A part.)iytsX assez adroit, ça.

SUZANNE, à pari. Allons! voilà qu'il ^'embrouille encore...

LE COLONEL. Oui. . . quelqu'un qui a tou-

jours eu pour vous. . . C'est d'i)ier seulemï'nt qu'il s'est aperçu... qu'il no pourrait jamais nvre sans vous... Et ma foi, sans savoir si ça vous conviendrait... il a été à Paris , chez son notaire...

SUZANNE , à part. Il serait possible...

LE COLONEL. Il a fait préparer un centrât... ce qui est une bêtise !...

SUZANNE , à pa t. Mais du tout !..

LE COLONEL. (*;<rce que s'il ne vous plaisait pas !... Mais d'une manière ou d'autre... Il avait besoin de vous assurer tout son bien.

SUZANNE, bas il Geneoièoe. Ah !... comment ne pas l'aimer !

LE C0i,0\EL. Il a même acheté la corbeille, les bijoux... ça l'anmsait ; et j)nis, pour ne pas perdre de lemp.>>... car ce n'est plus un jeune homme... ce n'est pas lui viellard non plus...

SUZANNE, bas et contmiu;; pur Gene\>iève.

Dites donc vite que c'est vous! lui qui

peut parler... C'est imp «rdnmiable !

LE COLONEL. Enfui c'est un brave garçon , un honnête homme... qui n'a ni esprit, ni belles façons... mais qui se ferait hacher en nulle pièces pour vous épargner un chagrin... et le brave gaiç<jn... c'est...

SLZA\NE il par t et GENEVIÈVE. C'est?

LE COLONEL. Ah ! Suzanne... vous me feriez bien plaisir de deviner qui?

SUZANNE, il pari. \\ n'en viendra jamais à bout!

GENEVIÈXE. Pardi! c'te malice!... c'est vous, colonel ... et il y a long- temps que je ni't'K doutais.

LE COLONEL. Eh bien ! oui!

SIjZ.K'WE, .trjiispo' tés de /oie. Ahl

LE COLOXEL , il Suzanne qui .i est élancée et qui contre sa main de baisers. Comment? vrai, ça ne te déplaît pas trop? tu m'aimerais un peu?...

SUZ.VNXE, bus il Genei'iioe. Un peu! oh! pour le coup, je vais lui dire...

GENEVIÈVE, bas et f arrêtant. N'en faites rien !

SlZANNE, bas. Quel danger... avant le mariage ?

GE^EVIÈVE, bus. Ca lui fera plus de plaisir après !

SUZANNE, bas. Mais au moins, dis-lui donc, toi.

LE COLONEL, étonné de leurs gestes, à part. Eh bien! me serais-je trompé?

GV.^'EWkw.., poussée pur Suzanne. Non...

non, monsieur... mamselle n'ose vous exprimer... mais du côté de ses sentimens. .. et de la réciproque...

• SUZANNE, frappant du pied et bas. Ah ! que tu parles mal]

SUZANNE

GENEVIEVE. Oui , colonel , certainement... du côte de la réciproque...

Li: COi.OXCL, regiirdant Suznnne. Taistoi, i.iis-toi, Geneviève... ses yeux m'en

di->eiit bien plus que tous tes discouis

et ii:a vie tiiiière... (Suiouiit tes signes de Suzanne. ) Oui, oui, .Suzanne... je te comprends.

Air : fraisons ici défense expresse.

Plus elo(|uent que la parole, Ton regard promet le bonheur, Et maintenant je me console Si, pour te iiuciir, le docteur S'est bercé d'un espoir trompeur.

SUZANNE, chorfuée et âas a Ge?iei>ièi>e. Comment ! moi, qui paile à miMveille 1... Laisse-moi lui dire h présent Combien je Taime...

GENEVIÈVE, bas.

Non, vraiment !

SUZANNE, bus.

Je ne lui dirai qu'à l'oreille, {bis.)

SCEISE VI.

Les ÎMÊmes, MARTIAL, puis M-^ PI- CHARD.

MAliTiAL, lua.opçant. Madame Piciiard .

TOUS. Madame Picbard 1

GEXEViÈVE, basa Suzame. Prenez bien garde.

SLZXNXE, bus. Oh! je ne la crams plus.

LE COLO\EL, giiùncn,'. Ab I nous allons avoir des grincemens de dents !... Ma foi, tant pis I

jlœf pichard entre, Maniai sort.

j|Qie picHAUD, d'un air compote. Pardon, cousin... je ii!'étais promis de ne plus reparaître chez vous... vous en savez les motifs?

LE COLONEL. Oui , OUI , cousine... j'ai reçu votie lettre; mais vous avez eu toit de vous clioquer d'une petite discussion.

M-"* PICHARD. Oh! sans doute, Ai''« Suzanne est une personne si douce , si réservée...

SUZANNE , las à Genei'ihe. Elle me regarde en louchant.

GKXEVTEVE , bas. Ça cache quelque trahison...

M™^ PICHARD. Ce n'est même que pour elle que je me suis décidée à revenir sous ce toit ingrat et volage.

SUZANNE, /;flr.fi^'(f5. Pour moi, madame?

M"'* PICHARD, d'un air pincé, Oui, ma chère.

GENEVIÈVE. Que de bonté !..

SL"Z.\NNE, bas. Ca n'est pas naturel.

LE COLONEL. Suzanne vous en remercie...

Suzanne lai fait ane ccTifreoce.

M""" PICHARD , la lui rendant sèchement. Je l'en dispense I

Denx autres révérences de part et d'autre avec pins d'iiumeur et d'ironie.

LE COLOXEL. Voyous , voyons... vous êtes là à vous piquer à coups d'épingles.... Qu'est-ce qu'il y a encore, cousine Pichard ?

jjme PICHARD. Il y a, colonel, que rhonnenr de la famille nx'est cher I... que je ne puis souffrir qu'on le prenne pour un zéro en chiffre... comme était feu monsieur.... (^se reprenant) comme disait feu M. Pichard, et que dans ce moment M"*" Suzanne avec son air d'eau qui dort... aime quelqu'un en secret.

LE COLONEL, ironiquement. Quelqu'un?

vraiment?

jjmc PICHARD. On ne parle que de ça, chez r^i""" Chabouillant...

SLZANNE, bas à Genci'ièi'e. Je crois bien I une collection de vieilles femmes I

LE COLONEL^, riant. Parbleu ! voilà une nouvelle aussi fraîche que celle qui l'ont fabriquée!... Je le savais avant vous, cousine '... oui, oui, je sais qui Suzanne aime, qui elle préfère, et j'approuve son choix... {prenant amicalement Suzanne sous son brus] par la grande raison... que c'est moi.

M""^ PICHARD. Vous?

LE COLONEL. Moi-mème, cousine. . . je l'épouse !

31°'^ PICHARD. Allons donc... pas possible!

LE COLONEL. A cause de vos droits!., ah ! je ne suispas comme votre M. de Saint-Alphonse!... je ne vous ai pas .signé de promesse de mariage moi, et d'ailleurs je vous ai prévenue que Suzanne épouserait qui elle voudrait.,, ce n'est })as ma faute si c'est moi quelle veut... {.A Suzanne' aiec tendresse.) ^'est-cepôLS, monenfaut, que c'est moi que tu veux?

SUZANNE, par signes. Oui !.. ouil.. vous seul I . . .

5ime PICHARD, piquée. Il ne s'agit pas de mes droits, cousin... Mais vous réfléchirez...

LE COLONEL, s'échauffant. Du tout I

jjme PICHARD, de même. Une pareille fohei...

LE COLONEL, de même. Tant mieux !

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