SUZANNE, GENEVIÈVE
SUZANNE, très-ugitee. Il va partir! .. . Et ne pouvoir le désabu.ser!... Ah! je n'ai plus qu'un moyen de me justifier... Oui I... un coup de tète... {Courant à la table, et écrivantrtijiidement.i^ le forcerai bienàm'entendre.
GENEVIÈVE. C'est ça... écrivez-lui, et de la bonne encre!... tâchez de l'amadouer... {Regardant par-dessus son èpoulr.) Eh !
mais, mamselie! à qui écrivez-vous donc ?...
SUZANNE, écrioonl toujours. A ce jeune hoiume de l'Opéra !
GKNEViÈVE. Bonté divine!... est-ce que la tête vous tourne ?
SUZANNE. Non... -c'est à mon tuteur qu'elle tournera.
GENEVIÈVE. Lui qui a déjà des soupçons?...
SUZXNNE , fermant sa lettre. C'est pour l'achever.
GENEVIEVE. Si j'y Comprends un mot!..
SUZANNE. Ca n'est pas nécessaire!...
yS'arrêlant au moment de caclieter sa lettre.) Point de cachet... ça lui sera plus commode... {Elle écrit r adresse. ) ^\a.viid\ dit n" 3... {Se leimnt.) Maintenant, Geneviève, si tu veux me sauver l.a vie va porter cette lettre.
GENEVIÈVE , la regardant. C'est fini , la raison déménage ! . . .
^XilX'SXJ^^niyslérieusement. I\Iais, écoutemoi bien... tu feras en sorte, avant de sortir de la maison , de te faire sui'prendre par le colonel.. .
GENEVIÈVE, étonnée. Par le colonel?
SUZANNE, regardant par l a porte vitrée à droite qui donne sur le jardin. Justement. ..le voilà qui se promène dans la petite allée... Cours vite. . . fais semblant de le heurter... aie l'air de cacher ce petit billet... mais de manière qu'il le voie cependant !
GENEVIÈVE. Que je le cache... pour qu'il le voie... C'est donc aân de... Ah!... (rt elle-mérne) je n'y suis plus du tout... C'est égal... j'y vais!. ..faut qu' çi soie une fière finesse car c'est bien embrouillé.
Elle sort eu cornant par la porte à droite.
SUZANNE
s(:E^E XII.
SUZANNE , seule.
Ne perds pas une minute... ( lu suivant des yeux) pourvu qu'elle ne fasse pas de gaucherie... Bien!... voilà qu'elle se jette à sa tète... elle manque de le renverser !... et elle tient sa lettre en l'air, maladioiiel.. elle a peur qu'il ne la vole pasl... il la saisit!... à merveille!... c'est tout ce que je voulais... [revenant en scène) m>in\X.i:iiau{. , à nous deux, mon cher colonel!
Air de danse de Stradella.
D'un airct scvcre, Maigre sa colère.
Mon tuteur, j'ebpère, Bientôt rougiia !...
llegardant de côte.
C'est lui qui s'avance.., Chut ! de la prudence !
J'y comptais d'avance,
— Oui, vraiment ! le voilà !...
Le snivaut de l œil.
Quel trouble l'agite...
il treiuble, il hésite...
Ai'cc malice.
Venez donc plus vi te,
Vilain jaloux.
Que craignez-vous .■* Oui, poui;mieux lu'cntendre, Croyant me surprendre.
Vous allez vous prendre
Au trchuchet...
Enti 'ouvrant la porte à f^auihe.
Il est tout prêt !...
D'un arrêt sévère, Malgré sa colère, Mon tuteur, j'csjière, Bientôt rougira 1 ...
Le voyant Vf nir et s' éloignant pus a pas.
C'est lui qui s'avance... Chut ! lie la piudence !
J'y comptais d'avance...
— Oui, vraiment, le voilà !
Elle disparaît par la porte a droite au second plan.
SCIi^ii XIII.
MARTIAL; puis LE COLONEL, entrant par ta poile à droite.
M\nTl\L, paruisscin/d\ibord Personne'..
LE COi-OMiL. Tu en es .sûr?
MAnTI\!. , s'aviii/çant. iMam>elle .soia rentrée dans sa cliami)re...
LE VAM.OM'L, frois-'ant If lullei qu'l tient à la main. Quelle audace!,.. (|uan.l j. la croyais accabler de douleur, de leuiorus elle lui écrii... ( lui san/ la lettre à lâtuns rompus.) « ]\lon Di» u !... qu< je nidUiii» le » jour où je vous ai vu pour la première ,
» fois... » {A Martial aç'cc fkreur.) Com-
prenus-iu !
MAiiTi\L. Pardi!... ça veut dire qu'elle maudit le jour...
LE coi.OMLL. Au contraire, imbécile...
ça veut diie que c'est le plus beau jour de sa vie... (^Continuant.) « ^'oiis m'aviez pro- » mis que je vous reverr.-iis. .. mais ne » venez pas... je vous en conjure... » [./4 Martial.) Ne venez ])as!... tu entends?...
M'VUTIAL. Pardi I... ça veut dire qu'elle lui défend...
LE COLOMEL. .Au 'contraire , butor!...
ça veut dire qu'elle l'attend I... c'est un rendez-vous qu'elle lui donne l ...{. ./4 ppuyant sur /es derniers mos. ) « Et pour- >' tant... jamais votre présence ne me fut » plus nécessaire... » ( Â Martial. ) Quelle trahison !... mais , ça ne me suffit pas.
MARTIAL. Qu'est-rce que vous voulez donc de plus .■*
LE COLOINEL. La confondre!... et peutêtre... lasauveri.. . car, enfin.. . jene l'aime plus... oh! ça , plutôt mourir... mais elle n"a que moi au uioude , pour la défendre... je ne puis souftrir qu'elle soit victime d'un séducteur... il faut que ce petit monsieur l'épouse.
MAiVTîAi,. Conimentry forcer?
Li; cor.OM:L. C!est iacilel... Porte cette lettre au n° 3.
MAUTî \L. Chez le jeune homme?
LE COLOAEL. Oui.
MARTIAL-, mais il viendra ^
LE COLONEL. C'est ce que je veux...
31ARÏIAL, il lui-même. Je crois qu' tout le monde a la lête à l'envers !
LE COLOMEL. Moi, je reste!
MARTIAL. Et les chevaux qui sont mis ! .. marne Pichard qui est déjà installée dans la voiture?...
LE C0LO\EL. Tant mieux!... dis - lui d'aller m'attendre au relai de Yincennes ; qu'une affaire imprévue... je la rejoins tout de suite .. et surtout recommande au postillon de faire grand bruit en sortant... j'ai besoin cju'on me ciôie puti.
3IARTI VL. M;»iS...
LE COLONEL. Pas un mot tie plus ou je te chasse... toi, ta femme, et toute la maison
MAHTIAL, en .wrtiint , à part. L'intellec-
tii; 1 est disloqué c'est sûr? C'est éfja.l...
la di.^cipliiie I... je ne connais ([ue ça... louitfoi's et quand il n' s'agit pas d'aller au f( u.
11 sort.
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