‹ Pièces de théâtreChapitre 829 sur 1069 · PHROSINE, TITI, GEORGET, MARIE · texte numérisé non relu

PHROSINE, TITI, GEORGET, MARIE

CAblLLOi", et peu après JUSTIN.

CABILLOT, il a un sac (le militaire sur le des. Pardon, excuse, la société... c'est moi que je reviens, M. Georget, et je vous apportedu nouveau, allez... je dînons pas avec vous... il faut qne je parte tout de suite et subitement... je venons de recevoir un ordre très pressé... demain, le gouvernement veut me voir sous les drapeaux... c'est son idée, et je venons chercher mon argent, et vous dire adieu.

GEORGET, anéanti. Son argent!

CABILLOT. Oui, monsieur Georget...

mon argent... tout de suite.

Justin paraît au fond.

MARIE, passant d droite. Ça sera facile. {Elle va ter s la cheminée.) Ali! mon Dieu! où donc est la tirelire ?

PHROSIXE et JUSTIN Comment! elle n'y est plus?., qu'est-ce que ça veut dire?..

GEORGET , avec dcfe.^poir. La tirelire ! la tirelire ! Il n'y a plus de tirelire! il n'y a plus d'argent !..

JUSTIN, s'avanrant. Comment! frère?., qu'est-ce que j'entends?,.

GEORGET. Justin! ail! JiisUn, laissamoi, je suis ua malheureux!..

JUSTiX. Un malheureux?., mais qu'y at-il tlonc?.. tu m'effraies!..

GEORGET. Mon frère... mon pauvre frère... obligé de partir, de se faire soldat, à cause de moi !..

JUSTIX. A cause de toi ?.. Est-ce que c'est possible?

GEORGET. Eh bien! oui! car c'est moi qui ai brisé la vieille tirelire; c'est moi qui ai oublié que l'avenir de mon jeune frère dépendait de l'argent qu'elle contenait... jai tout joué , j'ai tout perdu!., et maintenant il faut que tu partes.

Il pleure.

TOUS. Partir!..

MARIE. Pauvre Justin.

JUSTIN, d part. Ah! sa douleur me fait trop de mal ! [Haut.) Frère ! ah! ne pleures pas ainsi... Oui, en effet , ce serait affreux de nous séparer... mais rassure-toi, je ne te quitterai pas, je ne partirai pas!.

TOUS. Comment?

JUSTIN. Tu as joué et tu as perdu , n'estce pas?

GEORGET. Hé ben?

JUSTIN. Hé ben, moi... j'ai gagné!

TOUS. Gagné!

GEORGET, rayonnant de joie. Gagné!.

Tu as gagné! tu jouais donc aussi sans m' le dire ?

JUSTIN. Oui, frère, oui, je suivais tou exemple, mais je ne jouais pas le même jeu que toi.

GEORGET. Comment ça!..

JUSTIN. Au lieu d'aller dans ces maisons où l'on perd toujours , je me suis dit : Justin , faut tâcher de trouver une maison... où l'on perde jamais.

GEORGET. Est-ce que c'est possible?

JUSTIN. Oui, frère, car cette maison., je l'ai trouvée!

GEORGET. Tu l'as trouvée..

TITI. J'y comprends rien.

JUSTIN. D'abord, j'avais pas trop de confiance, parce que, comme toi, ça me semblait impossible... mais enfin, je me décide... j'entre... Au lieu de ces mauvaises figures que l'on rencontre où tu vas d'ordinaire, j'suis tout surpris de ne voir là que des visages tranquilles et joyeux.. Je m'approche de la table de jeu... j'hasarde une somme... puis deux... gagné !.. Jepoursuis... la veine continue... J'ouvrais de grands yeux... C'est que là, vois-tu, rien n'est louche., pas de râteau an bois qui vous escamote tout votre or pas de coup de banque .. Rien à craindre... on pose une pièce., on en retire deux... C'est

LA TJi\ELlRE.

dans le jeu.. Si bien que de semtiincs en semaines, de mois en mois, cet argent que tu me donnais... que je savais si bien te soutirer., je l'ai vu doubler , tripler, grossir enfln, au point de former une belle somme que j'ai là... et que j'apporte en bons écus...

TOUS. Est-il possible !..

JUSTIN. Oh! je sais bien, ca vous étonne tous, n'est-ce pas? ça vous paraît imaginaire , mais c'est comme ça.

GEORGET. Mais, enfin, quelle est cette maison?

TOUS. Quelle est cette maison ?

JUSTIN. La caisse d'épargnes.

TOUS. La caisse d'épargnes...

TITI. La caisse d'épargnes... Comment donc... mais je la connais beaucoup... de réputation.

GEORGET. Quelle leçon !..

JUSTIN. Une leçon... Non frère., c'était un devoir sacré que je remplissais... car je me suis souvenu des conseils de notre pauvre père! Et maintenant nous irons tous ensemble porter nos épargnes, n'est-ce pas? [bas à Georget.) Hé bien... De loin en loin... quand ça te tiendra trop... tu pourras risquer...

GEORGET. Oh! jamais., jamais!

JUSTIN, l'embrassant. Que je suis heureux!

PIIROSINE. Moi, j'en pleure.

CABILLOT. Et moi aussi., j'en pleure...

car le Lorrain a bon cœur, voyez-vous... et puisqu'il y a de l'argent., je partirai, voyez-vous.

TITI , d Justin. A présent je m'explique pourquoi qu'on m'a relâché après avoir vu le papier qu'était dans ton habit... comme l disait le chef du poste : Il n'y a qu'un )0n ouvrier qui puisse aller là... C'était...

JUSTIN, montrant le papier : Un reçu de la caisse d'é.pargnes.

TITI. Fameux! Une fois cocher de cabriolet, je veux avoir de ces pupiers-là... moi qui me bats souvent, ça me sera utile.

MARIE. On vous en procurera dès que Phrosine sera votre femme.

JUSTIN. Comment. *

TITI. Oui, oui, nous nous étions trompés, c'est Marie que tu aime*, nous t'expliquerons ça. . mais pour le quart d'heure, ne pensons qu'au plaisir, à la noce, à la bombance... bonheur général!., de la joie comme s'il en pleuvait à verse!., et quand nous aurons fini, nous recommencerons!

* Cahillot, Georget, Marie , Justin , Titi , Phro- * Ici les acteurs sont ainsi places : Gabillot» Geo»>

»ine. I get, Justin, Marie, Titi, Phrosine.

VAUDm'ILLE FINAL.

CHOKtn.

Air du vaudeville de la Carotte d'Cr , OU te Capitaine de vaisseau.

L'économie est un' verlu.

C'est rebattu

Mais cett' sentence

Est bonne je pense,

A pratiquer

Il ne faut pas nous en moquer.

TlTl.

Quand je veux boire du liquide à bas prix, Vers la barrièr' je me mets en campagne , La bouteiir coùl' quai' sous moins qu'à Paris C'est tout profit ; plus j'en bois, plus j'y gagne;

TOCS.

L'économie etc.

CABIItOT.

Rien n' coût chez nous , plus cher que l'habillement^ C'est ma parole , une dépense atroce !

Pour épargner au moins un vêtement, Pourquoi ne pas faire comme en Ecosse..

/ TOUS

L'économie, etc.

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