SCENE XV
Les Mêmes, LÉONARD.
LÉONARD, radieux. Enfin, tout va au gré de mes désirs... Le sort s'est lassé de me persécuter... je nage dans la plus parfaite félicité...
GRANDIN. C'est donc vous, monsieur...
LÉONARD, à part. Bon!., mon ami de ce matin... Une catastrophe me menace.
GRANDIN. Tous osez braver ma colère...
LÉONARD. Ah ! c'est vous c{ui êtes en colère, à présent ? bien 1... voilà une délicieuse facétie...
GRANDIN. Une facétie, misérable...
( li veut s'élance; sur lui , les deux femmes le retiennent.)
LÉONARD. Ab ça ! mais qu'est-ce qu'il a cet homme., qu'est-ce qu'il me veut?..
M™^ JOLIVET , bas à Léonard, Ignorezvous donc que c'est un père ?
LÉONARD. Pair de France .'
M"^ JOLIVET. Le père de votre victime...
GRANDIN OuK de ta victime, jeune débauché !
LÉONARD. Débauché , moi, débauché...
SA'LViE. Ah ! monsieur Léonard... je ne vous aurais jamais cru capable d'une telle noirceur.. .
LÉONARD. Noirceur... débauché... le père... je me débats ici cians les replis d'un logogryphe des plus compliqués...
GRANDIN, Malheureux... tu as beau te donner un air imbécile... comment as-tu fait pour la séduire ?..
LÉONARD La séduire ?.. qui?..
GR.ANDIN. Ma fille , vil suborneur.
LÉONARD. Votre fille?.., est-ce que je la connais, votre fille?...
GRANDIN. Tu oseras dire que tu ne la connais pas !
LÉONARD. Non seulement je ne la connais pas , mais c'est que je serais désolé de faire sa connaissance... attendu que si elle ressemble à son papa... ce doit être une jeune personne fort peu sociable...
GRANDIN. Oh! le plat... il insulte ma fille à présent.
M""*^ JOLIVET. Au lieu de l'irriter... vous feriez mieux de chercher à réparer vos torts...
LÉONARD. Réparer... réparer... je n'ai fait aucun dégât...
SYLVIE. Vous osez le nier?...
GRANDIN. Il joint le mensonge à la lâcheté... Je veux l'a-ssommer...
(Les dames le rcticunent.
LE MAGASIN TIlÉAIliAL
LFONARD. C'est-à-dire que ce n est pas un homme... Quand ou tient de la nature de te bipède, on ne devrait se produire en public que dans une cage de fer...
Gu.v^DlIN. Quoi !.. tout le monde se met contre moi... pour m'empêcher d'accomplir un acte de justice?
LÉONARD. Elle estjolie, la justice... cmmencz-le , le tigre... ou je serais capable... d'aller chercher la garde...
Aiu : t laament de Guitare. (Être aimti ou mou-
nr.)
ENSEMBLE
Ali !... c'est cpouvantaîalc !
YX le <:iel doit , vraiment, A cet lionimc effroyable Un juste cliàtinient.
LES TtlOIS AUTUF.S.
Ail ! c'est épouvantable ! Le ciel lui doit, vraiment, Pour ce tour efl'royablc , Un juste cliàlinicnt !
[Gratidin, 31"'^ JoJiict tt Sylvie soitei.t.)