‹ Pièces de théâtreChapitre 891 sur 1069 · SCENE xn · texte numérisé non relu

SCENE xn

Les Précédens, puis LE MARQUIS DE BEL OEIL, BLOQUET, et ensuite ANTOINE et LE RÉGIS- SEUR.

BLOQUET, entrant par le fond, une boîte à poudre

sous le bras.

Eh bien! maman Gibraltar, qu'y a-t-il donc?

M"e GIBRALTAR.

Rien, rien, monsieur Bloque!; c'est Coco qui a fait des sottises, et je lui affligeais une petite correction.

Elle renvoie Coco par la porte qui conduit au théâtre. Coco s'en va en pleurant,

BLOQL'ET, &f(,î au marquis, qui est enveloppé d'une redingote grise, toute pleine de poudre, avec une casquette, et qui tient une perruque dans chaque main.

Venez, venez, monsieur le marquis.

LE MARQUIS, avec défiance, et se cachant la figure avec les perruques.

Vous êtes siir qu'il n'y a pas de danger?

BLOQUET.

Non, non, la mère Gibraltar a la vue trèsbasse ; je vais vous poster d'abord dans ma logo aux perruques.

Il remonte un peu la scène.

ANTOINE, sans cravateet sans gilet, avec un-haut-de chausses et des bottes à la Louis XIII, un habit de ville et un col rabattu par-dessus; il entre par la droite; s^ adressant au marquis.

Coiffeur, ma perruque; vite, ma perruque, mon

cher.

LE NVRQUis, embarrassé.

Certainement... monsieur... {A pari.) Ohl quel

rôle je joue!

BLOQ\]ET, à Antoine*.

Vous allez l'avoir dans la minute.

ANTOINE

Où diable est donc le garçon d'accessoires? Ah! madame Gibraltar, un bouchon, s'il vous plaît, un beau bouchon pour me faire des moustaches! je donnerais six sous d'un bouchon.

Tenez, jeune homme, voici votre bouchon.

Elle prend le houclion dans le tiroir de l'armoire. On enter. d le second coup de cloclio, et la voix de l'avertisseur.

l'avertisseur, dans la coulisse.

Tout le monde au théâtre!

LE régisseur, entrant par la droite.

Vous l'eiUendez! le dernier coup de cloche î

ANTOINE

J'y vais, j'y cours, j'y vole ! Coiffeur, je vous attends.

Il rentre vi\oment p.nr la droite. En ce moment Bloquct * Le Marquis, BloqucI, Anioinc, M"'« Ciliraltar.

MAGASIN THEATRAL

pousse le marquis pour lui faire franchir la porte du thcâlre, le re'gisseur l'arnUe au passage.

LE BÉGissECR, à Blocjiiet, retenant le marquis*. Quel est cet homme?

BLOQUET.

C'est un de mes jeunes gens, monsieur.

tE RÉGISSEUR.

Oui, c'est cela, un suppléant pour faire votre besogne I II n'entrera pasl Vous savez bien que le directeur exige que vous fassiez votre ouvrage vous-même. Les artistes sont mécontens quand ils ont affaire à vos garçons.

BLOQUET.

Cependant, monsieur...

LE MARQUIS

Cependant, monsieur...

LE RÉGISSEUR, repoussunt le marquis.

Pas de réplique'*.

Il va pour sortir.

LE MARQUIS, bos à Bloquct.

Me voilà bien ! tout est perdu !

LE RÉGISSEUR, revenant sur ses pas.

Ah! à propos, eh bien! Bloquet, avons-nous tout notre monde?

BLOQUET.

A peu près! il ne vous manquera qu'un figurant et qu'une nymphe.

LE nÉGISSECR.

Que le diable vous emporte! le corps de ballet qui est déjà si dégarni !

M™^ GIBRALTAR, à part.

Quelle idée! si je proposais Charlotte, ça serait peut-être un moyen. [Elle va à la porte de (jauche.) Charlotte! Charlotte! {Charlotte entre; la prenant par la main.) Monsieur le régisseur, je vous présente votre quatrième nymphe***!

LE RÉGISSEUR

Bah! vraiment?

CHARLOTTE, boS.

Y pensez-vous, ma marraine?

M™e GIBRALTAR, baS.

Oui, mon enfant, cela servira nos projets.

LE RÉGISSEUR

Mais cette jeune fille saura-t-elle?...

M™e GIBRALTAR.

Je me charge de la mettre au fait.

LE RÉGISSEUR

A la bonne heure, ça m'arrange.

Bloque!, le Marquis, le Régisseur, M""^ Gibraltar. ** Le Marquis, Bloquet, le Re'gisseur, M""' Gibraltar. Le Marquis , Bloquet , le Régisseur , Cliarlotle, M™« Gibraltar.

BLOQUET, bas an marquis.

Une autre idée. (Haut.) Monsieur le régisseur, puisque vous ne voulez pas de mon jeune homme à titre de coilleur, permettez-moi de vous l'offrir comme figurant danseur : il sort des comparses de l'Opéra.

LE MARQUIS, 6a* à Bloquet.

Qu'est-ce que vous dites donc là?

BLOQUET, de même.

C'est le seul moyen.

LE RÉGISSEUR

Allons! c'est bien! j'aurai tout mon monde. {A i>/me Gibraltar.) Conduisez-les au magasin des costumes! vite, vite, l'heure avance.

Page 1