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SCENE XIV

CHARLOTTE, ANTOINE, LE RÉGISSEUR, Figu- BANS et Figurantes"*, puis les autres personnages peu à peu.

Air : Fragment de Giislafe.

.ih l grand Dieu! c'en est fait', (dans les Danseuses à la chasse.) Allons, que l'on soit prêt.

Que la danse Commence ; Le premier coup d'aroliet Annonce le ballet.

ANTOINE

Mon rôle est fini, madeinoiselle Charlotte .. Mais je vais en commencer un autre avec vous!... ou plutôt, non!... Après votre infâme conduite, je n'ai plus qu'à vous nier, qu'à vous maudire!... Oui, je fais comme le père noble du drame de tout-à-l'heure.. . je vous donne ma malédiction!... v'iau!

LE régisseur.

Monsieur Saint-Preux!

ANTOINi:.

Régisseur?..;

LE RÉGISSEUR

M. le directeur me charge de vous dire qu'il vous engage...

ANTOINE, V interrompant.

Il m'engage!... Ah! mon Dieu, merci!... voilà

Cliarlolte, Antoine, le Régisseur.

Charlotte, Aaloine, le Re'gisseur, Chœur au 2""^ plan.

qui me console de tout ce qui m'arrive... Il m'engage!...

le RÉGISSEUR.

Permettez... écoutez jusqu'au bout! ., M. le directeur, d'après l'issue de votre début, vous engage... à rester chez vous.

ANTOINE, stupéfait.

Hein!... à rester chez moi?...

LE RÉGISSEUR, à Charlotte* .

Quant à vous, ma petite... si vous voulez signer avec nous, vous êtes trop gentille pour qu'on ne vous garde pas !

FLORiGNY, cajolant Charlotte.

Certainement!...

ANTOiNF, at;ec désespoir.

On me congédie!... et Charlotte resterait au théâtre!... c'est affreux!

CHARLOTTE, près de Florigny.

Non, monsieur le régisseur., je vous remercie; mais je ne puis accepter... Je suis fiancée à un bon ouvrier, et comme il quitte le théâtre, je le quitte aussi.

FLORIGNY, en s'éloignant de Charlotte^* . Oh! que c'est mesquin !

Entre M""= Gibraltar qui reste un moment au fond , tandis que le régisseur lui dit à voix, basse ce qui vient de se passer.

ANTOINE

Ah! Charlotte... Charlotte... tu mérites le prix de vertu de feu M. Monthyon !... el je veux qu'un bon mariage .. Mais qu'est-ce que je dis?... je suis renvoyé de la fabrique... je suis sur le pavéi

M^ie GIBRALTAR.

Rassure-toi... tout ça serait arrivé... mais heureusement Clorinde Gibraltar veillait sur vous !

ANTOINE

Qu'est-ce que ça veut dire ?

»i™e GIBRALTAR.

Ça veut dire que je suis allée aux secondes de face, et que j'y ai découvert ton bourgeois, malgré vingt-sept ans de lacune ! «Lionard, que je l'y ai dit, en l'interpellant ; reconnaissez-vous qui qu'est devant vous ? — Ma foi , non , qu'y me répond.— Hé! quoi, l'année 1811 est-elle effacée de vot'cœur? Lionard, on ne se souvient donc plus de sa Clorindinelte? — Ah! sapresti! qu'y dit. — Est-ce qu'on ne lui avait pas juré, à la face delà comète, de l'adorer des éternités? — Ah l sapresti ! qu'il se récric de nouveau , en se fendant les deux yeux pour me mieux voir; c'est bien elle! ma Clorinde! — Mon Lionard!..,» Nous nous embrassons... reconnaissance générale... tableau!... «Mais c'est pas tout ça,» que je reprends subitement. Alors, j'entame vot' sujet; je raconte tout... ta liaison avec Ciiarlotte... l'espoir de te faire renoncer au mélodrame; et profitant de son vieux battement de cœur, je lui fais promettre de te reprendre et de te céder son établissement dans six mois. Y'ià la chose, mes en-

* Florigny, Charlotte, le Régisseur, Antoine. ** Florigny, Charlotte, M^e Gibraltar, Auloinc, le Régisseur.

MAGASIN THEATRAL

faus, dont il vous reste à bénir le ciel et l'année de la comète !

CHARLOTTE

Ma bonne marraine!...

ASTOiSE, montrant M^^ Gibraltar.

Et moi qui ne pouvais pas la souffrir!... faut que j' l'embrasse ! tant pire !

Il l'emljrasse, et eu remLrassant, il imprime sa moustache sur la figure de M>n<= Gi'jraltar, qui s'essuie aussitôt après.

De tout cœur , mon garçon ! Si je t'ai tourmenté , vois-lu, c'était pour vot' bonheur: et crois-moi...

Air du Pi'cge.

Si le tlieâtre a quequ' clios' de flatteur. De réussir tout 1' mond' n'a pas la cliance. Quand ça va Lien, c'est un rêve enchanteur.

C'est la plus tlalleuse existence.

Mais végéter sans prendre son élan, Toujours lansuir... mon ami, c'est bien triste. Mieux vaut faire un bon artisan, Que de faire un mauvais artiste, (ti^-)

Tout le monde répèle le dernier l'ers.

LE RÉGISSEUR

Place... place au théâtre pour le ballet.

On ï-onne pour commencer.

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