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SCÈNE III

LAURAGUAIS, seul, se frottant les mains.

Ah! ça n'a pas été sans peine! c'est qu'elle est charmante, cette petite! En vérité, je m'admire... me voilà menant de front trois intri- .«jues... Sophie Arnould d'abord... oh ! celle-là , c'est une vieille passion , une habitude... Ensuite la princesse d'Ornain , véritable amazone, vive, emportée, d'autant plus piquante qu'elle ne veut pas se rendre. Cependant , depuis huit jours, je lui demande un rendez-vous à ma petite maison... il faudra bien qu'elle y vienne, toute princesse qu'elle est... J'irai ce soir chez Balthazar, ce brave joaillier du faubourg Saint-Antoine, le dépositaire de notre correspondance, et j'espère lire enfin le consentement de mon inhumaine dans un petit poulet bien musqué... Ah! ce sera une conquête brillante!.. Eh bien! oui; mais cette fois j'aime encore mieux le tiers-état... et cette j)etite Brigitte, si naïve, si ingénue... AIR de Lantara.

Aux jours de lua folle jeuncssi* ,

Itévant un objet enchatileur,

Je cherchais dans une maîtresse

Noblesse, talents et candeur;

Mais voyez quel est mon malheur !

Jamais dans une seule amie Je n'ai trouvé tous ces dons à-la-fois... Pour accomplir le rêve de ma vie,

Je suis forcé d'en aimer trois.

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