JOSSE, M»" POCHET, M'"'> GIBOU
MADAME GIBOU, entrant adroite.
Me v'ià, me v'ià; quoi qu'y n'y a? vous criez comme si que le feu serait à la maison.
MADAME POCHET
Venez, je veux vous faire voir quequ'un, si vous le r'connaiss'rez.
MADAME GIBOU
Qui donc? ce gros papa-là?
JOSSE
Begardez-moi bien...
MADAME GILOU.
Je vous regarde, mon cher ami, et jen' vous l'coiiiiais pas.
Vraiment? vot' cœur ne vous dit rien?
MADAME GfBOU.
Y n' me dit rien du tout.
MADAME POCHET
Dieu!... moi, jene suis pas comme vous... quand j'ai z'aimé queuqu'un.
MADAME GIBOU
Aimé!... J' n'ai jamais t'aimé que des jolis garçons.
JOSSE
J'ai passé pour l'être.
MADAME GIBOU
Alors, il y a long-temps, mon brave homme.
JOSSE
Du temps que vous étiez jolie fille.
MADAME GIBOU
Ce malhonnête !... un' jolie fille peut devenir jolie femme.
JOSSE
Je ne dis pas non.
MADAME POCHET, riant.
Sont-ils drôles, donc? ils vont s' dire des sottises; voyons, il faut donc vous mettre le nez dessus, madame Gibou? Est-ce que vous ne vous ressouv'nez plus de ce petit Symphorien qui faisait la cour à toutes les demoiselles du quartier?
Symphorien Josse ! est-y Dieu possible ! il était si mignon!
JOSSE
Eh bien ! c'est moi, ma mignonne!
MADAME GIBOU
Vous êtes un fier monstre, mon bon ami! passer tant de temps que ça sans nous donner de vos nouvelles ! Quand j'ai vu que je ne vous voyais plus, j'ai t'y pleuré... j'ai t'y versé des larmes ! Ah ! guerdin d'homme ! la nuit je m' réveillais en soubresaut , que j' criais... « Reviens, t'infidéle ! reviens aux pieds de ton « amante ! » et ça réveillait ma mère qui me donnait des danses à faire frémir.
MADAME POCHET
On en rit à présent!...
MADAME GIBOD.
C'est ce qu'on peut faire de mieux.
JOSSE
Tout ça est passé, mais ça fait plaisir de se ressouvenir de son jeune temps.
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