‹ Pièces de théâtreChapitre 93 sur 1069 · JOSSE, M»" POCHET, M'"'> GIBOU · texte numérisé non relu

JOSSE, M»" POCHET, M'"'> GIBOU

MADAME GIBOU, entrant adroite.

Me v'ià, me v'ià; quoi qu'y n'y a? vous criez comme si que le feu serait à la maison.

MADAME POCHET

Venez, je veux vous faire voir quequ'un, si vous le r'connaiss'rez.

MADAME GIBOU

Qui donc? ce gros papa-là?

JOSSE

Begardez-moi bien...

MADAME GILOU.

Je vous regarde, mon cher ami, et jen' vous l'coiiiiais pas.

Vraiment? vot' cœur ne vous dit rien?

MADAME GfBOU.

Y n' me dit rien du tout.

MADAME POCHET

Dieu!... moi, jene suis pas comme vous... quand j'ai z'aimé queuqu'un.

MADAME GIBOU

Aimé!... J' n'ai jamais t'aimé que des jolis garçons.

JOSSE

J'ai passé pour l'être.

MADAME GIBOU

Alors, il y a long-temps, mon brave homme.

JOSSE

Du temps que vous étiez jolie fille.

MADAME GIBOU

Ce malhonnête !... un' jolie fille peut devenir jolie femme.

JOSSE

Je ne dis pas non.

MADAME POCHET, riant.

Sont-ils drôles, donc? ils vont s' dire des sottises; voyons, il faut donc vous mettre le nez dessus, madame Gibou? Est-ce que vous ne vous ressouv'nez plus de ce petit Symphorien qui faisait la cour à toutes les demoiselles du quartier?

Symphorien Josse ! est-y Dieu possible ! il était si mignon!

JOSSE

Eh bien ! c'est moi, ma mignonne!

MADAME GIBOU

Vous êtes un fier monstre, mon bon ami! passer tant de temps que ça sans nous donner de vos nouvelles ! Quand j'ai vu que je ne vous voyais plus, j'ai t'y pleuré... j'ai t'y versé des larmes ! Ah ! guerdin d'homme ! la nuit je m' réveillais en soubresaut , que j' criais... « Reviens, t'infidéle ! reviens aux pieds de ton « amante ! » et ça réveillait ma mère qui me donnait des danses à faire frémir.

MADAME POCHET

On en rit à présent!...

MADAME GIBOD.

C'est ce qu'on peut faire de mieux.

JOSSE

Tout ça est passé, mais ça fait plaisir de se ressouvenir de son jeune temps.

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