ACTE lï . SCÈNE IX
îiiafré , est-ce votre déjeuner qui vous a mis en aussi belle humeur?
GAII.MAFRÉ.
Que veux-tu? quand on établit sa nièce... avec avantage...
BOBÈCUE.
Hein? qu'est-ce que vous diics?..
GALIMAFKÉ.
Je (lis... que ce soir , après le spectacle , Chinchilla montera en voitur<; avec 31. Ortolan , son l'utur époux... pour aller vivre au sein de leur ménage... Que penses-tu de cet h) menée?..
BOBÈCHE
Je dis que c'est une indignité, une petitesse, une grosse infamie... une vilenie... c'e^t une vilenie!..
&.\LnîAFRÉ.
C'est tout ce que tu voudras; mais Orloian sera mon neveu...
BOBÈCHE , criant.
Vieux Galimafré , vous ne ferez pas une chose commmc ça... ce serait vouloir m'enfoncer un damas dans le cœur. Vieux Galimafré, si vous faisiez une chose comme ça... vous seriez un tigre... un homme des bois... un boeuf enragé... il faudrait vous museler... Père Galimafré, il faudrait vous museler !
G.ALIMAFRÉ.
Je méprise tes tournures de phrase... je suis ton «•nnemi et je me venge!
BOBÈCHE
Tu veux donc me pousser à bout... gros crétin !
fiALIlIAFr.É.
Crétin!.. *
BOBÈCHE
C'est donc un duel à mort que tu veux !
GAMÎIAFUÉ.
Hé bien ! oui, c'est un duel à mort !..
BOBÈCHE
Ah ! si nous avions des armcs^.. toi un poignard, moi, une lance !..
Je voudrais avoir deux pistolets, l'un chargé, l'autre pas... je prendrais le chargé , et nous Acrri(m^..
BOBÈCHE et GALIMAFRÉ.
Ah ! des armes !.. des armes !..
JACQUOT , entrant avec deux sabres de cavalerie. Monsieur Bobèche!., voilà les deux sabres que M>us avez commandés pour votre pièce de ce soir...
BOBÈCHE
Des sabres !.. c'est le ciel qui les envoie... bon . donne, et va-t'en !
JACQOOT
Je retourne à la pratique. (Il sort en courant ) BOBÈCHE, après avoir mesuré les sabres , les présciiU; en croix à Galimafré.
Choisis... si tu l'oses!
GALIMAFRÉ , prenant un sabre.
Je l'ose !
BOBÈCHE, meltant son sabre sous son liras, et relevant ses nianrlies.
Enlin!.. nous allons donc \ider notre (pierclle "1! gens d'honneur.
G.VLl.vi.\FRE, même jeu.
C'est ça... en gens d'honneur... oh! n'espère pas me faire reculer...
BOBÈCHE
Et foi, crois-tu donc me faire peur?
GALIMAFRÉ.
Il ne s'agit pas ici de débiter te; balourdises...
Ton gros rire bête ne te servirait à rien... GALIMAFRÉ , lui donnant une ealoUe.
Grand nigaud !
BOBÈCHE, la lui rendani.
Vieux Pasquin I
GALIMAFRÉ , même jeu.
Pauvre niais !
BOBÈCHE , même jeu.
Grosse boule de bêtise !
GALI.MAFRÉ, même jeu.
Tiens !
BOBÈCHE
Attrape !..
(. ALIHAT' RÉ et BOBÈCHE , ensemble et sur le mêm(?
ton.
Ail ! c'en est trop!
!ls jettent tous deux leurs sabres à terre et se prennen
au coliel.)
BOBÈCHE
C'en est trop !
îrl on entend au dehors le bruit d'une cloche ; les deux combatlans s'arrêtent.)
GALIMAFRÉ.
1 11 instant!., c'est la cloche de mon théâtre!., rost l'heure de ma parade!
fine autre cloche plus éloignée se fait entendre.] BOBÈCHE.
Celle-ci... c'est la mienne qui m'appelle à de iouveaux triomphes !
GALIMAFRÉ.
C'est un autre combat qu'il faut se livrer!
BOBÈCHE
Je sais bien à qui restera la victoire...
GALIMAFRÉ.
Je compte te la disputer aujourd'hui !.. j'ai com- ;:i)sé une scène nouvelle...
BOBÈCHE
Et moi, j'ai fait un chef-d'anivie nouveau...
GALIM.VFRÉ.
.Nous allons voir qui remportera !.. à l'cruvre
BOBÈCHE
A 1 oeuvre !
ENSEMBLE
Air : ,\moMr sjicre de la pali ie .'
Amour sacré de la bamboche , Inspire-moi de beaux succès !
C'est le moment, l'heure .s'approche.
Viens présider A mes haut faits !
: Après l'air ils sorlrnl vivement d'un air inspiré.)
(Le rideau baisse.)
i8 BOBÈCHE ET GÂLIMÂFRË.