SCÈNE XII
A DELE ; LECOQ présente sa femme à la société , tout le monde fait des révérences.
ciioEun.
Air de la Marche de Marie.
La voilà ! Dieu ! qu'elle est bien I Ea voyant sa mine jolie , Sa f'raîcliein- cl son maintien.
De s' marier ça tienne envie '.
TOUS
Housoii', inaJaniela mariée!
MADAME GIBOU
Laissez donc cette jeune fcmint... vous lii Faites rougir... ^
ADELE, pleurant et se jetant dans les bras de sa mère.
Maman !...
* On doit alors en substituer une où on aura mis quelque chose que les acteurs puissent boire . dans la scène suivante.
MADAME OIBOL.
Là... v'Ià qu'elles la font pleurer, à c' l'heure... Dieu ! que vous êtes bêtes !...
MADAME POCHET
Ça ne sera rien, c'est un nuage. Ah çà, pendant que le thé se fait, faut nous amuser; c'est une soirée dansante.
MADA.ME GIBOU.
Eh ben ! dansons; vous ressouvenez- vous
quand nous dansions chez Luquet ? Allons ,
p'tit voisin, la musique.
THOMAS, dans le cabinet.
Il faut que je voie danser mon père.
(Il prend la bergère. Pendant la danse, Palmyre fait des signes d'intelligence avec lui. A la fin de la danse, tout le monde entoure les danseurs; Thomas sort du cabinet , affublé de la housse de la bergère et s'assied sur un tabouret; Palmyre l'aide à s'y placer. )
(Pas de trois burlesque, dansé par Josse, mesdames Gibou et Pochet. )
TOUS
Bravo ! bravo !
MADAME GIBOU , s'asseyant sur la bergère figurée par Thomas, qui fait plusieurs lazzis.
Ah ! je n'en peux plus. Eh bien ! qu'est-c' qu'air a donc, vot' bergère? ail' n'est pas calée, elle dandine comme tout...
( Elle se lève. )
LECOQ, s'y plaçant.
Bah ! voyons donc !... ( Thomas le pince. ) Ah ! là là, il y a des aiguilles dans 1' coussin.
( Adèle et Palmyre apportent une table toute servie. ) MADAME POCHET.
V'ià le régal à présent ; nous y r'viendrons tant qu' nous voudrons... y en a encore dans la marmite.
MADAME GIBOU
Il est soigné, car nous l'avons fait à nous deux,
Il faut boire à la santé de la mariée ; tout le monde ensemble.
TOUS
A la santé de la mariée! (Ils portent les tasses à leurs lèvres. ) Pouah ! pouall!...
( Tout le monde crie avec dégoût. ) Air : Cœur de Félix.
Ah ! qu'est-c' que c'est que ça ? (/>/*" ) Dieu ! quel goût ça vous a !
Ce thé-là.
Je r sens là...
■lamais n' passera !
MADAME POCHP:t, criant.
Fi, mauie Cacao; c'est une infamie d' vendre du poison comme ça à des honnêtes gen.*.
MADAME CACAO, en colère.
Mais qu'est-c' que vous avez donc mis là-dedans?
MADAM POCHEl.
Les p'tiles ordures que vous m'avez vendues.
MADAME CACAO
Mais vous V avez mis autre chose?
MADAME GIBOU ET MADAME POCHET
MADAME l'OCllET.
C'est manie Gibou (|ui m'y a fait mettre du sel , du poivre , de l'huile et du vinaif;ie.
MADAME GIBOU
Oui ; mais c'est vous qui avez voulu y uiettre de l'ail.
MADAME POCHET
C'est vous qui m'y avez fait uiettre de la farine. ^
TOCS.
C'est une infamie, une abomination.
MADAME GlBOti.
C'est vous qu'êtes cause que c'est devenu «neripopée.
MADAME l'OCHET, à madame Gibou.
Ripopée'. j'ai voulu vous rendre votre repas de noces.
MADAME GIBOU
Vous êtes une insolente !
PALMYRE et ADELE.
Maman !
( Madame Gibou et madame Pocliet sonl prêtes à se prendre aux cbeveux ; elles restent en position, sép. récs par la bergère. )
THOMAS , se levant.
Arrêtez !
Ah ! qu'est-c' que c'est que ça ? ( his.) La berger' qui s'en va !
Ahe-là !
Ahe-là !
Tout s' découvrira !
MADAME GIBOD et MADAME POCHET, effrayées, saisissent Thomas ; la housse leur reste dans les mains. Que vois-je ?
LECOQ
C'est vous , jeune homme ?
JOSSE
Mon fils ! Que fais-tu ici, coquin?
THOMAS
Mon père, j'y prenais des leçons ; j'écoutais le récit de vos escapades de jeunesse... JO^SE , bas.
Tais-toi. (Haut.) Madame Po(het,j{' vous présente mou fils dont je vous ai parlé.
MADAME POCHET, surprise.
Comment! c'est vous! vous n'êtes donc pas le Hls d'un banquier?
JOSSE , à son fils.
Je te pardonne tes escapades, à condition que tu vas te ran{^er, et épouser tout de suite mam'zelle Pochet.
MADAME POCHET
Voyons, ma fille; ne fais ni une ni deux..épouse monsieur Josse le fils.
PALMTRE, soupirant.
Vous n'êtes plus Adolphe.
THOMAS
Qu'est-ce que ça fait, je serai votre mari.
LECOQ, bas à Thomas.
Et ma belle-mère , mauvais sujet?
MADAME Ginou.
Taisez-vous donc, mon gendre. (A Thomas. ) Il est bête comme un oie; mariez-vous, nous n'en serons pas moins bons amis.
MADAME POCHET
La noce dans un mois. Messieurs et dames, je vous y invite tous.
MADAME GIBOU
J'espère qu'il n'y aura pas de thé ?
MADAME POCHET
Il y aura un punch, et je le ferai toute seule.
TOUS
Air du ehœur des Deux Nuits.
Ah! quel plaisir!
Encore ua' fête !
Ah ! quel plaisir ! ( bis.) J'en perds la tête.
Quand le plaisir Vient nous saisir, Jamais (fcis.) il ne devrait finir !
MADAME POCHET, au public.
Air du vaudeville du Baiser au Porteui . Messieurs, près de vous je réclame :
Elle est jalous' de mes attraits.
Vous devez protéger un' femme , Puisque vous êt's des chevaliers français. ( bis.)
MADAME GIBOU, au public.
Pour me venger de ses attaques, J' m'adresse à vous de bonne foi.
Ah ! messieurs , donnez-lui des claques ; Mais gardez-en queuqu' zun's pour moi ! ( bis.) CHOEUR.
.\ïi ! quel plaisir, etc.
FIN DE MADAME GIHOU ET MADAME POCHET