‹ Pièces et morceauxChapitre 169 sur 202 · SCÈNE V PIERRETTE, POLICHINELLE · texte numérisé non relu

SCÈNE V PIERRETTE, POLICHINELLE

Je ne me trompe pas, c'est bien la Colombine. Et ce cavalcadour d'assez honnête mine

Qui la serrait de près ?...

PIERRETTE

Toujours un peu méchant.

POLICHINELLE

Moi, du tout. Mais j'observe et je trouve...

PIERRETTE

En cherchant !

POLICHINELLE

Il n'était pas besoin de chercher, j'imagine. Pour voir ce qui se passe ici, pauvre cousine !

PIERRETTE

Vous croyez ?

POLICHINELLE

J'en suis sûr. Arlequin est un sot !

Il l'a toujours été. Mais le Baron Pierrot (Un détail imprévu bien souvent vous renseigne) Avant qu'il soit huit jours, loge à la même enseigne !

PIERRETTE

Et ce sera bien fait.

POLICHINELLE

Oh très bien, sûrement.

PIERRETTE

Mais cette Colombine I

POLICHINELLE

Oh pour ça, mon enfant, Des indignations épargnez- vous la peine :

Elle a le diable au corps, et le diable la mène I

PIERRETTE

Puisse-t-il la mener loin, bien loin de Pierrot I

POLICHINELLE

(A part) Bravo ! (Haut) C'est bien aisé. Je me disais tantôt:

Colombine jamais ne se laissera faire :

Un farniente charmant, bon gîte, bonne chère

Et le reste ! Il est sûr qu'elle refusera

Et paiera mes efforts d'un tradcridéra.

Monsieur le Directeur, va te faire lanlaire !

Je la tenterai bien par le riant tableau

De nos brillants succès, au « Spectacle Nouveau »

Les bravos, les vivats d'un public idolâtre

Qui volent du balcon jusqu'à l'amphithéâtre,

Et les fleurs, les bijoux i... mais bast ! elle est trop bien.

Et de tous mes discours que sortira-t-il ? Rien.

— Et puis, à dire vrai, ce n'est pas une artiste

Comme vous (permettez, Baronne, que j'insiste)

Elle n'a pas le goût, ni l'amour du métier.

Le métier de l'amour, ça, c'est une autre affaire 1 —

Mais un nouveau caprice à son premier quartier....

Je la tiens à présent !... Mais vous, voyons, ma chère,

Malgré le prime accueil que j'avais dû prévoir.

Vous partirez aussi, j'en ai le ferme espoir?...

PIERRETTE

Ah ! mon cher Directeur, que vous êtes tenace ! Mais pourquoi ?

POLICHINELLE

Pour tirer l'ennemi de la place, Et pour donner, faisant d'une pierre deux coups, Une bonne leçon à Monsieur votre époux.

PIERRETTE

Me venger de Pierrot. Tiens ! ça, c'est une idée !

POLICHINELLE

neuse I (A part) Je me sens grandi d'une coudée [es tiens toutes deux.

PIERRETTE

Mais tout de suite, alors, lous allons partir pendant qu'ils sont dehors, i^ais me préparer : décidez la donzelle.

Au moment où Pierrette rentre dans sa chambre, Colombine parait à la porte du fond

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