SCÈNE XV PIERROT, ARLEQUIN
PIERROT se dressant tout à coup
Or ça, que faisons-nous, pleurnicheurs que nous sommes,
Voyons donc 1 Sommes-nous des daims, ou bien des hommes,
Avons-nous quelque chose à la place du cœur ?
On vole nos moitiés, notre part de bonheur,
Et nous nous lamentons comme des femmelettes !
ARLEQUIN se dressant, même jeu
Marchons ! On dit que pour faire des omelettes
Il faut casser des œufs ah ! nous en casserons !
Et puis nous les battrons, brouillerons, salerons... Et, si ce n'est assez, nous les avalerons !
PIERROT
Moi, je prends mon fusil ; tu vois cette cartouche ! Elle sera logée au cœur de ce Cartouche Avant demain matin, je t'en fais le serment.
ARLEQUIN
Je te crois, mon ami : c'est parler bravement. Je me contenterai, moi, de prendre ma batte Et malheur au coquin s'il tombe sous ma patte I
PIERROT
Prendrons-nous Tomnibus, le train ou le landau ?
ARLEQUIN
Prenons le train : la gare est si près du château.
C'est rheure de l'express...
ARLEQUIN
C'est l'heure de la danse ; Et pour que Némésis, cette vieille Vengeance, Plus prompte que l'éclair tombe sur cette engeance, O moderne progrès, prête-nous ta vapeur.
Ils 8 apprêtent à sortir. Pierrot armé de son fusil, le doigt sur la détente. Arlequin brandissant sa balle dont il porte de grands coups dans le vide,
PIERROT emboîtant le pas à Arlequin
Voici les justiciers du droit et de l'honneur !