ROSE ET SOUCIS
Je venais de cueillir une moisson de fleurs,
Et cherchais dans ma tête un heureux assemblage
Qui, mêlant avec art et parfums et couleurs,
Pût, de simple bouquet, faire amoureux message.
Amour, que j'invoquais, quitte en riant les Cieux
II choisit une rose, à l'aimable peinture,
Au parfum enivrant, et puis, malicieux.
Il lui fait de soucis une large bordure.
« Tiens, ditTespiègle enfant, n'est-ce pas en deux fleurs,
La Rose et le Souci, ce que tu voulais dire :
Décevante beauté, continuel martyre ? »
Je me tus, et mes yeux se mouillèrent de pleurs.