‹ Pièces et morceauxChapitre 21 sur 202 · RECHUTE · texte numérisé non relu

RECHUTE

Je disais : tu n'es plus, pauvre amour ignorée,

Dont j'ai vécu longtemps, dont j'ai failli mourir.

La vie a consolé mon âme déchirée ;

Cette longue douleur n'est plus qu'un souvenir.

Moments amers et doux, coin d'azur, noirs orages.

Je me tourne vers vous désormais sans frayeur :

Me voici sage enfin ! De ces chères images

Je puis impunément savourer la douceur.

Et pourquoi plus longtemps m'interdire sa vue ?

Jamais de m'éloigner elle n'eut le souci ;

C'est moi qui redoutant quelque sombre bévue

Ai voulu me punir de l'adorer ainsi !

Mais le calme est venu, grâce au temps qui le verse.

Une tendre amitié survit seule. Pourquoi

Me priver plus longtemps de cet exquis commerce

Dont je peux retrouver le charme, sans l'émoi ?

Oh, ces heures du soir! ces propos, ces lectures !

Ces beaux vers de Musset qu'elle sentait si bien I

Nos courses dans Paris, au milieu des voitures

Dont le bruit protégeait notre doux entretien !

Assis, presque enlacés, hélas I s'en souvient-elle?

Dans un petit coupé nous traversions Paris.

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