‹ Pierre et CatherineChapitre 14 sur 27 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

PIERRE

C'est donc VOUS que je revois... vous ^ que la reconnîtissance avait fixé pour jamais clans mon cœur. CATHERINE , avec joie.

Vous ne m'aviez pas oublie'e ?

PIERRE

Toutes mes recherches pour vous retrouver furent inutiles... on ignorait à Marienbourg ce que vous étiez tievenue.

CATHERINE , montrant, sa chaumière.

J'étais là. . , je songeais à vous.

PIERRE

il se pourrait!

Que de vœux je formai pour des jours que j'avais conservés I . . . ( souriant. ) Mais je le vois , ils vous ont porté bonheur. . . Vous êtes sergent.

PIERRE, souriant.

Oui, j''ai fait mon chemin.

Ah! vous deviez le faire , car vous êtes brave, j'en suis s lire.

PIERRE

Le Suédois le disent.

Et vous n'en resterez pas là... vous avancerez en grade.

PIERRE

Je suis déjà si content du mien !

CATHERINE, 5»r/jme.

Quoi ! vous n'avez pas cPambitiou ?

PIERRE

C'est rare , j'en conviens 5 dans mon e'tat surtout. . . Je suis peut-être le seul. . . mais vous-même , en auriez-vous, Catherine.

CATHERINE , le regardant.

Oh ! non. .. plus maintenant, mais en votre absence , quelquefois... Dans mes rêves, je me voyais de la richesse, de la puissance, et je n'ose vous le dire , mais ce ranc; e'ieve ne m'effrayait pas. . . on m'aimait ainsi, car je ne faisais que des heureux.

PIERRE

Ah I je le vois, à ce langaaje, vous êtes cetfe jeune fille , dont tout le camp parle avec enthousiasme , l'idole des soldats, cet ange tute'laire, dont les accents de gloire sont si puissans snr eux.

CATHERINE , avec dignité'. Tous mes accents partent du cœur, et le mien n'est jamais froid quand il s'agit de ma patrie ou de mon souverain.

PIERRE , avec intention.

On dit en effet que le nom du Czar se mêle souvent à vos chants

Oui, car ce nom que je che'ris, rappelle aux Russes, tout ce qu'ils doivent au bienfaiteur de leur pays. PIERRE , lui prenant la main.

Qu'entends-je ! Ah! le Czar, lui-même, serait touché de l'affection de Catherine !

CATHERINE, souriant et retirant sa main.

Oui j mais vous n'êtes pas le Czar.

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