SCÈNE X
PIERRE, PICOFF.
PIERRE , ragardant sortir Catherine.
trouble . . . une émotion . . .
PIKOFF , d''un air suppliant.
J'éprouve un trouble . . . une émotion . . . Tant de fierté , tant de charmes ! . , .
Sire!
PIERRE , brusquement.
Que voulez-vous?
PIKOFF.
La vie , pas davantage.
PIERRE
Que dites-vous?
PIKOFF.
Comme futur munitionnaire-général de Votre Majesté , tout-à-I'lieure , je passais l-'inspectioa de ce superbe convoi de vivres pris sur mon ex - Souverain , Charles XII, lorsqu'un grand tumulte s'éleva tont-à-coup dans le camp, et ce cri terrible retentit de tous côtés ... « Mort aux prisonniers suédois ! »
Qu'entends-je !
PIKOFF.
Des soldats furieux accusaient ceux de mon escorte, qui se sont échappés, d'avoir donné l'alerte aux ennemis . . .
PIERRE , avec douleur.
Ah! voilà ce que je redoutais!
PICOFF.
Ils parlaient de surprise , de dangers , de sédition.
PIERRE , avec colère.
De sédition!
PIKOFF.
Et je crois, qu'au train dont ça marchait, le camp est maintenant en pleine révolte.
( Bruit dans la coulisse. )
PIERRE
Si près de l'ennemi !
PIKOFF.
On les entend d'ici.