‹ Pierre et CatherineChapitre 23 sur 27 · SCÈNE XIV · texte numérisé non relu

SCÈNE XIV

PIERRE , avec sensibilité.

C'est toi, Catherine, , . toi, qui n'as pas craint le désespoir de ces soldats farieiix, pour les rendre à leur Souverain.

Sire , je leur parlais de vous.

PIERRE

Tu m'as sauve' la vie , tu viens de faire plus encore , en me donnant les moyens de la perdre avec honneur.

Ociel!

PIERRE

Ton âme si noble travail rapproche' de moi, je le sens , elle pouvait seule comprendre la mienne. . . et quand j^ai tant fait pour le bonheur de mon peuple , aurait-il pu me blâmer de songer enfin au mien !

CATHERINE , d^un air suppliant.

Ah! par pitié , ne me tenez plus ce langage.

PIERRE , avec douleur.

Va. . . je pois maintenant parler d'un destin dont je ne

dois jamais jouir, tout est fini pour nous , Catherine, Tavenir de la Russie va pe'rir cette nuit avec moi.

N'est-il donc aucun secours à attendre?

PIERRE

Aucun. Le canon du fort St. -Anne devait seul en demander à MenzikofF, ( baissant la voix.) et ce fort est maintenant au pouvoir de l'ennemi, qui nous en a se'parés en nous cernant.

Grands dieux I

PIERRE

Impossible d^avertir MenzikofFde nos pe'rils j pour éviter les Suédois, et arriver jusqu'à lui, il faudrait connaître à fond les sentiers de ce pays , et nos soldats , e'trangers en ces lieux. . .

CATHERINE , à part.

O ciel ! quelle idée î ce projet!

PIERRE , avec agitation.

Je ne puis tarder à les rejoindre, (à Cailierine.) Mais c'est en ces lieux , témoins de ton triomphe , que je veux leur donner le signal du combat , et te revoir pour la dernière fois.

( // sort par la gauche. )

CATHERINE, seule.

Oui, le ciel m'inspire. ( voyant entrer Ulrich.) Ah .' voilà celui qui peut nous sauver tous.

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