‹ Pierre et CatherineChapitre 9 sur 27 · ENSEMBLE. \ PIERRE · texte numérisé non relu

ENSEMBLE. \ PIERRE

I Sa plaisante tournure

\ ]Me divertit vraiment.

PlKOFF.

Je crois qu'un homme de ma sorte , Sans crainte, peut parler au Czar.

Dès qu'à moi seul on s'en rapporte , e lui fais parler sans retard .

PIKOFF.

Vous ?

PIERRE

• Moi.

PIKOFF.

Vous êtes très-puissant? je pense.

PIERRE

Devinez donc ce que je suis.

OPERA-COMIQUE. i5

piKOFF , auec i/o/lie.

Sans (loule , uu homme d'importance ?

riERKE.

L'on est assez de votre avis.

PIKOFF.

A cette vaillante tournure, '

Qui doit briller dans un co:jibat , Vous devez être , je le jure, Pour le moins... un pauvre soldai.

PIEBRI.

Mieux que cela, je vous assure.

TIKOFF.

En ce cas , un brave sergent.

PIERRE , ria/it.

Mieux que cela !

PIKOFF.

Lieutenant?

PIERRE

IMieux que cela !

riKorr , le regardant auec une su/prise croissante. Commandant?

PIERRE , riant.

Mieux que cela ! {à part, ) Son embarras m'amuse.

PÎKOFF.

Général?... Non, je m'abuse.

PIERRE

Mieux que cela!

PIKOFF.

Prince... O ciel !

Ah ! je sens un effroi mortel.

PIERRE

Mieux que cela ! Mais , tenez , sans mystère , Vous n'avez plus qu'un pas à faire , Et c'est cela.

PIKOFF.

Dieux ! celte ligure si fàrc !

i4 riERRE ET CATHERINE ,

Ne seriez-vous pas , par hasard ?. .

Le Czar !... Vous y voilà.

PiKOFF , flpec respect.

Ah ! sire , quelle surprise !

PIERRE, riant.

Oui , j'ai l'air d'un pauvre sergent.

PIKOFF.

Daignez excuser la méprise...

PIERRE

Ou tout au plus d'uQ lieutenant.

(PIERRE

La plaisante aventure , Ab ! j'en rirai long-temps.

E>' s EMULE J PIKOFF.

I La terrible aventure !

\ J'en tremble, je le sens.

PIERRE

Approchez, monsiear le Manitlonnaire ge'neralj vous aviez un avis important à donner au Czar , cela seul a pu me décider à me faire connaître , mais songez que ce

n'est qu'à vous Ma pre'sence en ces lieux est un

secret pour tous mes soldats , jusqu'au moment du combat...

PIKOFF.

Ah! Sire , mon dévouement. . .

PIERRE

Votre dévouement ... Et Charles XII . . .

PIKOFF.

Permettez , Sire ... Le système général des fournitures consiste à servir indifféremment amis et ennemis ; avec nous , il faut que tout le monde vive. . . Tel que vous me voyez, j'ai déjà servi trois souverains j j'en suis à ma quatrième tête couronnée... et je ne vois pas pourquoi . . .

PIERRE, riant.

Je ne ferais pas la cinquième.

PIKOEF.

L'état se comprend en deux mots: donner peu, et se faire donner beaucoup... c'est même le mode d'administration le plus ge'ne'ralement répandu... et les finances suédoises , n'étant pas brillantes , en ce moment. . . si mes services. . .

PIERRE , avec impatience.

Nous verrons; mais cet avis essentiel?

PIKOFF.

M'y voici. J'étais chargé, par notre cher Souverain, Charles XII, de lui amener un convoi de vivres , mais tous les gens qui m'escortaient n'ont pas été pris , et si quelquesuns d'eux sont arrivés sains et saufs au camp suédois. . . Ils pourront bien parler de votre ambuscade. . . et ma foi, bientôt entourés par dix mille ennemis, je ne répondrai plus de Votre Majesté.

PIERRE , à part, avec agitation.

Cet homme a raison. .' . Nous serions perdus , et le signal du fort Saint- Anne serait notre seul espoir , en instruisant MenzikofF de nos dangers.

PIKOFF , à Pierre qui reyiéchit.

Ah ! Sire , quel bonheur pour moi, de contribuer à votre précieuse existence! . . . Cet excellent Charles XII, si vous voyez comme il se porte. . . une santé superbe!

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