‹ Pierre et Thomas Corneille. À propos en un acte et en proseChapitre 18 sur 22 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

MADAME CORNEILLE

Ah 1 mon ami , si le roi le savait. . . .

Ma femme , il faut du courage dans cette vie 5 je n’irai pas importuner la cour de mes suppliques , après avoir parcouru ma carrière sans rien demander à personne. Un jour viendra que le voile qui me cache aux yeux de notre monarque sera enfin soulevé $ alors on me rendra justice. En attendant , toujours soumis aux lois , je cours prendre la place de mon frère , qui tiendra la mienne près de vous, près de nos enfans. Soyez digne de moi, et rappelez-vous toujours que sous le poids du malheur , dans le fond d’un cachot , je n’en serai pas moins Pierre Corneille. Adieu.

CATHOS , revenant de la porte.

Les voilà qui remontent : ah! les chiens , ils 11e sont pas contens d’un seul , ils veulent vous avoir tous les deux.

MADAME CORNEILLE

C’en est fait , il n’y a plus d’espoir.

Je les attends j mais ils enlèveront avec moi ces ouvrages dont la France avait paru si fière. ( Il va à son bureau et prend plusieurs manuscrits. ) Le voilà , ce Cid qui a commencé ma gloire ; Cinna , Horace , Rodogune , vous ne me quitterez pas ! Qu’ils viennent maintenant , et qu’ils flétrissent d’indignes fers la main qui a tracé ces tragédies que mes contemporains ont décorées du nom de chefs-d’œuvre.

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