‹ Pierre le Grand et le premier traité franco-russe, 1682 à 1717Chapitre 31 sur 75 · I. Archive Russe, i8(j). Poloudenski · texte numérisé non relu

I. Archive Russe, i8(j). Poloudenski

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« Vous aurez peut-être de la peine à croire, écrivait trAmicns, Tintendant Bernage, que le Czar a passé dans cette ville sans que j'aie eu l'honneur de le voir. Nous l'attendions à l'évêché avec M. le marquis de Neslc et M. de Lihoy, parce qu'il ne trouve pas !)on qu'on aille au devant de lui. et nous comptions du moins qu il viendrait prendre un léger rafraîchissement et son relais, f[iinnd on vint nous dire qu il avait envové chercher les chevaux par son courrier et qu'il était monté dans mon carrosse à la ])orLe de la ville; il l'avait déjà traversée en diligence sans vouloir s'arrêter, ni voir personne. Il ne sera pas impossible que M. l'évêque d'Amiens fasse un peu de plainte, car, pour ne pas perdre mon étalage, je priai les dames à venir manger le souper du C/ar à l'évêché et M""' de Bernage donna un grand bal dans le palais

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épiscopal dont ce prélat m'avait laissé maître', »

Môme déception à Beau vais où Tévôque comte l'attendait à coucher, « J'avais, écrit l'évèque avec mélancolie, rendu ma maison qui n'est pas magnifique le plus commode que j'avais pu pour loger le Czar et une partie de sa suite. Je lui préparais un concert de voix et d'instruments et une illumination avec feu d'artifice. Il aurait trouvé ses armes en plusieurs endroits de la maison et, dans la chambre où je croyais qu'il devait coucher, les portraits des grands-ducs de Moscovie, père et mère du Czar. Mais tous ces préparatifs et tous ceux que j'avais tâché de faire pour lui donner à manger ont été inutiles ^ »

Depuis Saint-Denis, une prodigieuse

I. Affaires étrangères, Moscovie, t. YII. ■1. Affaires étrangères, Moscovie, t. VII.

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atïluence de monde se tenait de chacun des côtés de la route dans l'espoir de pouvoir contempler le Souverain, mais la nuit étant survenue sans que son arrivée eût été signalée, un grand nombre de curieux se dispersèrent et on n'évalue guère à plus d'un millier ceux qui continuèrent à y stationner et assistèrent à dix heures du soir à son entrée à Paris. « C'était une de ces belles journées de mai , comme le dit le vieil annaliste de la Cité, au temps des roses fleuries, »

Le Czar suscitait la plus vive curiosité. Les « Dames de la Cour désiraient voir Fours de la Baltique, le Cosaque du Tanaïs qui faisait fi des belles Parisiennes^ ». On se le représentait comme un homme à demi sauvage, sortant d'un pays où la civi-

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