I. Pierre le Grand, par Dubois. 18G
ET LE PREMIER TRAITE FRANCO-RUSSE iO(
lisation n'existait encore qu'à Tétat d'embryon, d'un de ces pays presque exotiques auxquels on ne prêtait en France et en Europe qu'une attention distraite et qui ne méritait pas encore de figurer dignement à côté des autres nations. « Jusqu'en 1716, le nom du vainqueur de Poltawa n'a même pas paru sur la liste des Souverains Européens imprimée à Paris (Waliscewski). »
Bien que les récentes victoires de Pierre sur Charles XII aient eu le plus grand retentissement et que des observateurs prudents et avertis y aient vu le présage d'une ère nouvelle, comme plus tard Gœthe au bivouac de Valmy voyait dans le succès des armées révolutionnaires le début d'un monde nouveau, on ne s'accoutumait pourtant pas encore en France à traiter la Russie sur le pied d'égalité, et pour beaucoup elle représentait le pays perdu dans
les brumes et les neiges, habité par une population à demi barbare et avec laquelle on ne pouvait entretenir que des rapports intermittents et passagers. Telle était bien d'ailleurs la réalité, « La Russie, comme civilisation, dit Soloiviav \ avait Tair à ce moment d'une fabrique qui était en train de s'organiser et où, par Tinexpérience des ouvriers, il fallait que Toeil du maître fût constamment partout. » Et dans un ouvrage paru à Londres, en 1717', on trouvait le passage suivant : « La plupart des auteurs ont traité les .Moscovites comme des gens incivils, grossiers et ignorants. Le peu de relations qu'ils ont eues avec les autres peuples n'a pas peu contribué à cette ignorance et d'ailleurs, n'avant eu pendant longtemps ni collèges, ni universités, cela a