I. Dubois. Pierre le (h-iincl, 18GG
•J. Ilisioire de Russie. 187',^
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qui obligea ses dignitaires à donner des bals et des réunions, mais la cruauté des mœurs ne pouvait disparaître de suite, et la femme étant introduite dans la société masculine avait beaucoup à souffrir. La civilisation apparaissait à peine : elle ne pouvait encore beaucoup adoucir les mœurs ; un travail primitif" avait lieu pour satisfaire les exigences matérielles du pays, et ce travail ne pouvait améliorer le côté moral. C'est pourquoi les travailleurs les plus actifs, les coopérateurs de Pierre le Grand s'abaissaient souvent à commettre les actions les plus immorales ; c'est pourquoi les gens les mieux intentionnés, en voyant le mal, ne trouvaient de salut que dans les mesures les plus cruelles et les plus barbares sans comprendre que le mal ne pouvait être déraciné que par la moralité. »
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De là ce mépris instinctif qu'on éprouvait de prime abord pour Pierre et sa suite, et riiostilité préconçue qu'on nourrissait à leur égard et qu'à première vue il paraissait impossible de vaincre. Voltaire écrivait le 3o octobre 17G0 à Chauvelin : « Je me souviens d'avoir entendu dire à vos ministres que le Czar n'était qu'un extravagant né pour être contremaître d'un vaisseau hollandais. »
Le Czar était de haute taille, admirablement conformé et d'une grande maiereur ; sa figure reflétait à la fois l'énergie et l'intelligence, mais elle était dure et impérieuse, traversée sans cesse par des tics nerveux tenant à l'abus des liqueurs fortes. Ses mouvements étaient d'une rare brusquerie, sa démarche altière et dominatrice; quand il parlait on le croyait toujours en colère et « la majesté qu'il essayait de se
donner prenait un caractère sauvage et incultes »
Très avare de paroles d'ailleurs, il ne procédait que par interrogations. Sa mise était fort simple, comme s'il n'avait pas perdu le souvenir des années pendant lesquelles il était charpentier à Saardam. Elle se composait d'une perruque ronde et d'un grand habit à boutons d'or sans manchettes. Le plus souvent, il ne ])ortaitpasde chapeau. Mais Pierre avait un but : esprit alerte et chercheur, dont la constante préoccupation était 1 étude des institutions et des coutumes occidentales pour les introduire dans ses Etats, il ne sacrifie à la représentation et au faste qu'un temps strictement limité. Passionné pour l'étude, il lui suffisait de voir pour savoir et sa merveilleuse faculté