I. Dubois. Mcinoirea
mal? — Mon grand âge — C'est un mal qui ne guérit pas. » Il n'en dit pas davantage, mais comme il faisait sombre dans la chambre, il s'approcha si près de la « Maintenon (( qu elle s'écria : « \'otre Majesté me fait rougir, » Quant au Czar il ne répondit pas, mais sortit brusquement et en silence. Il ne reparla plus depuis de La Maintenon. »
Il semble bien pourtant que celle-ci avait été particulièrement sensible aux égards que lui avait témoignés Pierre, car dès le i4 mai elle écrivait à M'"" de Caylus : « Nous parlerons mercredi du Czar qui me paraît un très grand homme depuis qu'il a demandé de mes nouvelles ». Et le ii juin, elle écrivait de nouveau : « Le Czar est arrivé à sept heures du soir ; il s'est assis au chevet de mon lit ; il m'a demandé si j'étais malade ; j'ai répondu que oui ; il
s'est informé de la cause de mon mal, je lui dis : une grande vieillesse. Il ne savait qu'ajouter et son interprète ne paraissait pas m'entendre, La visite a été fort courte. 11 a ouvert les rideaux de mon lit pour me voir : vous croyez bien qu'il aura été satisfait. »
On assure d'ailleurs qu'au cours de l'entretien, la vieille favorite « fut toute ragaillardie et qu'on vit reparaître sur son visage un rayon de son ancienne beauté^ ».
S'il est une visite de Pierre qui mérite entre toutes une mention spéciale, c'est celle qu'il rendit aux docteurs de la Sorbonne. 11 était loin de méconnaître l'importance que doit avoir dans un Etat l'élément religieux. Mais le clergé russe était plongé à cette époque dans une ignorance que les