SCENE XIII. PIERRE , M«* SIMON
pîerre, Main' Simon?
Mme SIMON. Eh bien! Pierre!
pierre. Regardez-moi.
Mn,e SIMON. Que je te regarde?
pierre. Là!., entre les deux yeux.
M""1 SIMON, embarrassée. Pourquoi?
PIERRE. Vous n'osez pas... vous êtes fautif.
Mme SIMON. De quoi ?
pierre. Vous êtes fautif... vous et Madré, par rapport à Jeanneton.
Mn,e SIMON. Qu'est-ce que c'est que cette lubie qui te passe parla tète. Ce n'est pas ma faute si ta Jeanneton cherche à se faire nommer rosière.
pierre. Rosière!.. Jeanneton en est incapable, elle n'a pas cette ambition-là!... mais v'ià une lettre où on me dit des choses.. .
Mn!C SIMON. A toi!., tu ne sais pas lire.
PI ERE. Aussi... je l'ai fait expliquer...
Mmc SIMON. Eh bien ?
pierre. Et pour que je voie si on ne m'a pas trompé... vous allez me la lire vous-même.
M,ne SIMON. Puisque tu sais ce qu'il y a dedans.
pierre. Raison de plus... je verrai si on m'a dit la vérité!., d'abordde quic'esty la lettre ?
Mme SIMON , voyant la signature. De Raimbaut.
pierre. C'est vrai... c'est de lui.
Mroe SIMON, lisant. « Mon pauvre Pierre, » si je n'étais pas de service au château, » j'irais te parler pour te dire de te mé- » fier du meunier et de...
(Elle s'arrête.)
PIERRE, qui ne Va pas peidu de vue un seul instant. Allez... ii y a un autre nom.
Mme SIMON, vivement. C'est une calomnie.
PIERRE. Allez toujours... et de...
Mme SIMON. « Et de la fermière. » Tu
vois bien que c'est faux!., te défier de moi, de moi qui t'aime... qui t'ai donné tant de preuves d'intérêt...
PIERRE, montrant la lettre. Continuez...
vous êtes encore que là...
Mme Simon. « Ils se sont entendus pour faire accroire à c'te pauvre innocente que tu étais tombé d'accord pour épouser la Simon. Ca fait que Jeanneton doit venir au château pour que M. le marquis lui donne la place de rosière... PIERRE, lui arrachant la lettre. Et vous avez été assez osée!
Mn,c SIMON, Pierre, ne te fâche pas, ne te mets pas en colère [..'. la crainte de te perdre... la peur de me voir enlever ton amitié!., tu sais bien que ce mariage a toujours été ma pensée.
pierre. Mettre la mort dans l'aine à cette jeunesse qui m'aime tant.
Mme SIMON. Eh! qu'ai-je donc fait depuis quatre ans que je t'ai mis à la tête de ma ferme... que je t'ai fait respecter de tes égaux, comme celui qui devait être un jour 'leur maître!., moi, qui ai refusé vingt partis et qui par ces refus me suis attiré le blâme de ma famille!...
pierre. Ah! ce que vous venez de faire efface tout!., entre nous, plus rien. Mmc simon. Ingrat!
pierre. Non, rien...
Mn,c SIMON, pleurant. Après tout ce que j'ai fait pour lui.
pierre. Ce que vous avez fait pour moi, je ne l'ai point oublié... je me jetterais à l'eau, je me mettrais dans le feu pour vous... mais jamais je ne vous pardonnerai. {On entend une musique et des chœurs.} Ah! mon Dieu! qu'est-ce que j'entends ?.. oh! non, il est impossible que dans son désespoir Jeanneton ait consenti!... il n'aurait pas été long, son désespoir !..