MADRÉ, JUSTINE
madrjé. Comme te v'ià brave et cossue, ma cousine.
Justine. Dam ! M. le comte m'a dit :
Faut que tu sois gentille. J'ai obéi.
madré Belle et savante! Sais-tu que tu fais honneur à la famille.
JUSTINE. Oh ! savante, pas trop.
madré. T'en sais toujours assez pour ce que je veux de toi... Tiens, regarde un peu dans ces papiers, où ce qu'il y aurait par hasard le nom de Raiinbaut.
JUSTINE. De mon grand père?
madré. Précisément...
(îi lui a donne un à un plusieurs papiers qu'elle deplie successivement.)
JUSTINE , lisant. « Pour six mois d'intérêt, à 18 pour cent par mois...
madré. Pas ça, pas ça.
justlne , lisant. « Saisie et vente de meubles...
MADRÉ. Ce n'est pas encore ça.
JUSTINE , tristement. Ah! en v'Ià un qui parle de la mort de mon pauvre grand père.
MADRÉ, prenant le papier vivement. C'est ça, c'est ça, donne...
Justine. Ah! je vous en prie, laissezmoi lire...
madré. Non, non; c'est inutile, ça te ferait trop de peine... (A part.) Je tiens mon bon papier... et c'te fois-ci... (il déchire an petit coin du papier) je le reconnaîtrai, et il n'a qu'à bien se tenir...» M. Pierre-le-Rouge.
Justine. Comment! Pierre-le-Rouge?
est-ce qu'il n'est pas mort?
madré. Non, il n'est pas mort.
Justine. Ah ! mon Dieu !
madré. Il se porte aussi bien que toi et moi... peut-être mieux, le bandit... et il veut encore faire des siennes.
Jt/STl.VE. Pierre-le-Rouge existe ! j'm'en vas tout dire à M. le comte. MADitÉ, à part. Bon, bon...
Ain de J. Bûche.