‹ Pierre NozièreChapitre 2 sur 51 · PACE · texte numérisé non relu

PACE

aussi le sentimeñ?® que si jen disais quelque chose, on se moquerait de moi, on rirait, et que ma belle idée en serait détruite, ce dont j'eusse été très fâché. Disons tout, je sentais, d'instinct, qu'elle était fragile. Et peutètre même que, au fond de l’îime et dans le secret de ma conscience obscure, je la jugeais hardie, téméraire, fallacieuse et coupable. Cela est très complexe. Mais on ne saurait imaginer toutes les complications de la pensée dans une tête de cinq ans.

Nos promenades au Jardin dé3 Plantes, c'est le dernier souvenir que j'aie gardé de ma bonne Nanette qui était si vieille quand j'étais si jeune et si petite quand j'étais si petit. Je n'avais pas encore six ans accomplis, lorsqu'elle nous quitta à regret et regrettée de mé3 parents et de moi. Elle ne nous quitta pas pour

mourir, mais je ne sais pourquoi, pour aller je ne sais où Elle disparut ainsi de ma vie, comme on dit que les fées, dans les campagnes, après avoir pris l'apparence d’une bonne vieille pour converser avec les hommes, s’évanouissent dans

l’air.

SL

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