Le R. P. Rubillon, aujourd'hui assistant de France
jour! N'était-ce pas le défi d'un cœur honnête jeté aux persécuteurs, mieux encore, la profession d'une foi inébranlable aux promesses de Celui qui a dit : « Bienheureux serez-vous quand ils vous maudiront, quand ils vous persécuteront, quand ils diront de vous, dans leurs discours menteurs, tout le mal possible, à cause de moi : réjouissez-vous alors, soyez dans l'allégresse, parce que votre récompense est riche dans les cieux. Aussi bien, c'est ainsi qu'ils ont persécuté les prophètes qui furent avant vous*. »
Fort de cette confiance, Pierre ne redoutait pas l'exil; il s'y exposait même avec joie.
Naguère il avait lu avec émotion ces paroles du grand convertisseur de Notre-Dame : « Que si je devais succomber dans la lutte, avant de secouer sur le sol qui m'a vu naître la poussière de mes pas, j'irais m'asseoir une dernière fois au pied de la chaire de Notre-Dame. Et là, portant en moi-même l'impérissable témoignage de l'équité méconnue, je plaindrais ma patrie, je durais avec tristesse : Il y eut un jour où la vérité fut dite, une voix la proclama et justice ne fut pas faite; le cœur manqua pour la faire ^... »
En venant bravement se ranger parmi ceux auxquels on la déniait, Pierre entendait rempHr jusqu'au bout le devoir d'un homme de cœur.
Avant de partir, la reconnaissance l'amena au pied de l'autel miraculeux de Notre-Dame des Victoires. Il y vint avec plusieurs amis, dont quelques-uns