‹ Pierre OlivaintChapitre 145 sur 293 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

active. Homme d'éducation, il avait naturellement sa place marquée dans un collège ; il fut destiné à celui de Yaugirard, dont la Compagnie de Jésus prenait à ce moment môme la direction.

C'est là que, durant treize ans, il se dépensera sans mesure, pour assurer les progrés de plusieurs centaines d'enfants dans les lettres et les sciences, surtout dans la fo;et la vertu. Désormais le nom du P. Olivaiat sera inséparable du nom do Yaugirard.

Ce collège avait eu d'humbles commencements dont il n'est pas hors de propos de résumer ici l'histoire M. Teysseyre, l'un des plus fervents disciples du saint Père Delpuits, ancien élève de l'École polytechnique, puis prêtre de Saint-Sulpice, en est à bon droit regardé comme le premier fondateur. La petite communauté des clercs qu'il avait, en 1814, établie rue du Regard et qui, l'année suivante, protégée par Louis XYIII, prit le nom de maison des clercs de la chapelle roijale, avait commencé avec quatre enfants. Mais l'œuvre prit des accroissements si rapides qu'en vingt années elle avait donné à l'Eglise deux cents prêtres, parmi lesquels sept évêques et grand nombre de religieux.

En 1829, l'institution se transforma, sans rien perdre de son esprit profondément chrétien. Jusqu'alors elle n'avait pas même eu de maison qui lui appartînt. M. l'abbé Poiloup, l'un des successeurs de M. Teysseyre, profita d'une occasion providentielle

pour acheter, a Vaugirard, une magnifique propriété qui, avant la Révolution, servait de campagne au clergé de la paroisse de Saint-Sulpice. Une galerie souterraine traversant la rue mettait ce vaste enclos en communication avec une modeste maison qu'on vénère encore aujourd'hui comme berceau de la société fondée par M. Olier.

De temps immémorial,Vaugirardfutunlieu spécialement consacré eàla très-sainte Vierge^ Dans le catalogue des prêtres du séminaire de Saint-Sulpice, con-

l. Le territoire de Vaugirard dépendait de l'abbaye de Saint-Germain des Prés. Gérard de Moret, abbé de Saint-Germain au treizième siècle (r258-1278), fit bâtir une chapelle en l'honneur de saint Vincent sur l'emplacement actuel de la rue des Vignes. De là le nom donné au village : Valgérardj Vaulgérard^ Vaugirard. En 1342, fut construite une église en l'honneur de la sainte Vierge au lieu maintenant occupé par la petite place en face du collège. — En 1453, elle prit le nom de Notre-Dame de Saint-Lambert, à cause des reliques de l'évoque deMaëstricht dentelle s'enrichit. A la Révolution, Vaugirard devint la commune Jean-Jacques Rousseau, et l'église fut consacrée à la déesse Raiso7i! La statue miraculeuse de la très-sainte Vierge fut mise en pièces, mais celui qui porta le premier coup de hache eut l'œil crevé par un éclat de bois, et un de ses complices la jambe cassée. La vieille église paroissiale, restaurée à grand'peine, a disparu ; elle est aujourd'hui remplacée par une plus grande et plus belle. — Le territoire de Vaugirard a été de tout temps l'asile préféré des communautés ecclésiastiques et religieuses. Le collège de Laon, situé sur la montagne Sainte-Geneviève, avait à Vaugirard une maison succursale (à la place de l'ancienne mairie). Le séminaire de la Sainte-Famille, ou des Trente-trois, fondé par Claude Bernard, dit le pauvre prêtre, avait également à Vaugirard sa maison de campagne. Il en était de même du séminaire, des Robertins, de la communauté de Lisieux, des Tkcatins, du noviciat des Frères des écoles chrétiennes, fondé par le Vénérable de la Salle à Vaugirard, mais transporté à Paris, etc.. .

Voir VHistoire de Vaugirard ancien et moderne, par L. Gaudreau, curé du lieu, Paris, Dentu, 1842.)

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