Discours du P. Olivaint à la distribution des prix
Ces hommes, ces chrétiens, il prétendait les créer par la pratique d'une obéissance généreuse et d'une loi sans inconséquence et sans faiblesse.
Obéir, ])our lui ^c'était vouloir y c'est-à-dire conformer, de son plein gré, sous l'inspiration de la foi et de la raison, sa volonté à la volonté divine manifestée par une autorité légitime. « Et vouloir ainsi, disait-il, c'est le sceau de la virilité. Que faisons-nous donc, dans l'œuvre de l'éducation? Un mot, mes enfants, dira tout : Nous tâchons de vous apprendre à vouloir. Oui, devant Dieu, pour sa gloire et pour vos âmes, il nous a paru que, dans un temps comme le nôtre, il fallait tendre continuellement à la force, fortifier en vous la volonté, former en vous des cœurs dévoués et de nobles caractères. »
Le P. Olivaint avait le don d'obtenir des enfants ce libre assentiment à ce que réclamaient leur intérêt bien entendu et la volonté divine authentiquement interprétée. Nous en citerons un exemple. Un jeune homme avait à peu près achevé ses études et ne savait trop s'il devait passer encore un an à Vaugirard, ou se rendre en Allemagne, au collège de Feldkirk. Le moment venu de choisir, il trouvait commode de s'arrêter à un troisième parti qui consisterait à mener à Paris une vie plus agréable et plus libre. Sa pieuse mère l'engageait cependant à causer de ses projets avec le P. Recteur. L'enfant refusa net. « Mais, mon fils, il est bien convenu qu'il ne te forcera pas, lui dit sa mère, et que tu décideras tout toi-même en dernier ressort. — Oh ! J9 le sais bien, répondit-il ; le