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2. Un officier de paix, deux ouvriers ébénistes et un tailleur de pierre.

3. Le P. Olivaint, le P. Caubert, le P. de Bengy, de la Compagnie de Jésus; le P. Radigue, le P. Tufûer, le P. Roucliouse, le P. Tardieu, de la Congrégation des Sacrés-Cœurs de Picpus; l'abbé Plancbat, aumônier de l'œuvre du Patronage; M. Sabatier, vicaire de Notre-

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On tourna à gauche et on s'engagea sur le boulevard Méniimonlant dont on suivit la droite, le long du mur qui borde le cimetière du Père-Lachaise. A la barricade qui se dressait sur le boulevard, devant la rue Oberkampf, une compagnie du 74^ bataillon renforça l'escorte ; puis on gravit la longue chaussée de Ménilmontant. Jusque-là, seul un vieux prêtre, le P. Tuffier sans doule, avait été insulté par quelques fédérés ; la foule continuait à se montrer sympathique. Mais dès qu'on eut pénétré dans la rue de Puébla, une masse énorme de vagabonds en armes, de galériens, de déserteurs, de femmes ivres ou furieuses, enveloppa de tous côtés les otages, criant: « Livrez-nous les prisonniers... à mort les calotins ! » La marche devenait plus lente et plus difficile, à mesure qu'on s'engageait dans l'étroite rue des Rigoles qui fait suite à la rue de Puébla. On fit halte, pendant vingt minutes, à la mairie, aujourd'hui détruite, du XX' arrondissement; là, un homme féroce, Gabriel Ranvier, cria aux otages qui passaient devant lui: « Vous avez un quart d'heure pour faire votre testament, si cela vous amuse ! » Cette cruelle sentence fut accueillie par des trépignements de joie. «Va me fusiller tout cela aux remparts, » poursuivit Ranvier en s'adressant à un ignoble personnage, Emile Gois, qui jusqu'à ce moment commandait l'escorte. La foule organisa une sorte de marche triomphale. Une vivandière vêtue de rouge, le sabre à la main, s'avançait à cheval ; après elle, tambours et clai-

Dame de Lorclte ; l'abbé Benoist et Tabbé Seigneret, du séminaire de Saint-Sulpice,

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rons sonnaient la charge; un jeune homme de vingt ans à peine, sorte d'acrobate, dansait en jonglant avec son fusil. La foule armée pressait les otages; des femmes s'élançaient pour leur donner des coups de poing, des coups de griffe. « Ici, ici, criait-on, il faut les tuer ici ! » La rue de Paris, qu'on suivait, est fort longue ; ce fut vraiment pour les martyrs la voie douloureuse. Les soldats avaient une admirable contenance; derrière eux, à haute voix, les prêtres les exhortaient à bien mourir. Autour des victimes, on chantait, on dansait, on hurlait; on leurjetait des pierres et d'immondes projectiles *. A la croix formée par l'intersection de la rue de Paris et de la rue Haxo, la tête du cortège s'arrêta, la queue continua à marcher, et il y eut une confusion qui permit à des énergumènes de se rapprocher et de frapper les otages au visage. On eut quelque peine à se mettre d'accord sur le lieu de la sanglante exécution ; enfin une voix cria : « Allons au secteur. » Cet avis fut immédiatement adopté.

Hippolyte Parent, dernier commandant en chef de l'insurrection, venait d'y établir son quartier général. Varlin et trois autres membres de la Commune, bon nombre d'officiers fédérés étaient auprès de lui, quand on entendit tout à coup une immense clameur. C'était la foule qui arrivait, entraînant les otages avec elle ; elle se précipita dans la longue allée, bordée de maisons qui forme la cité proprement dite. Quand les

1. Enregistrons cependant, après le P. de Ponlevoy, une bonne parole » Où mène-t-on ces gens-là? demanda quelqu'un à un homme de l'escorte. — On les mène au ciel, » répondit celui-ci; cela dit, il sortit des rangs et disparut.

otages furent entrés, on ferma une mince barrière de bois ; elle fut aussitôt brisée par la foule. Yarlin, membre de la Commune, voulut s'opposer au massacre: « Va donc, avocat! lui cria-t-on ; ces gens appartiennent à la justice du peuple ! » Les otages, serrés par la foule, acculés dans un espace carré qu'un mur très-bas séparait du jardin, attendaient courageusement la mort V . Il y eut un moment très-court d'hésitation; on entendit armer quelques fusils ; un homme grimpa sur une charrette et lut un papier qu'il tenait en main ; on applaudit. C'est alors qu'un boucher, Victor Ccnot, colonel des gardes de Bergeret, incendiaire des Tuileries, se précipita hors d'une maison en criant : «A mort!... >^ L'horrible massacre commença. Un vieux prêtre se jeta devant un gendarme pour le protéger et reçut les premiers coups. On força les malheureux soldats à sauter par-dessus le petit mur pour les tirer « au vol 5> ; ils obéirent. Les prêtres refusèrent. L'un d'eux dit : « Nous sommes prêts à confesser notre foi, mais il ne nous convient pas de mourir en faisant des gambades. »

La boucherie dura une heure.... Puis, pour achever les blessés, on se mit à piétiner, à danser sur eux ; on les cribla de coups de fusil et de pistolet ; on les larda de coups de baïonnette; on ne s'arrêta que lorsqu'on fut certain que tous étaient bien morts.

Le P. de Bengy resta sur la place presque dépecé; ses vêtements étaient troués déballes, lacérés en tous sens par les sabres et les baïonnettes ; son scapulaire

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