‹ Pierre Olivaint, prêtre de la Compagnie de JésusChapitre 105 sur 306 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

un sou à chacun, pour qu'ils fissent le signe de la croix, et il profitait de l'occasion pour leur apprendre aie bien faire et leur dire quelques bonnes paroles. »

« Plusieurs autres personnes âgées, déclare M. le curé de Montmirail, au seul nom du P. Olivaint qu'elles ont connu autrefois , s'accordent à dire : « Oh! le saint jeune homme que c'était! Il menait déjà la vie dlun jésuite, et M. Georges, à son exemple, vivait comme un petit jésuite aussi. Mais M. Oli vaint était si modeste qu'il aurait fallu le suivre de près pour savoir tout le bien qu'il accomplissait. »

Mais, de tous les témoignages, le plus précieux et le plus autorisé est encore celui de Mme de la Rochefoucauld-Liancourt. « Ses progrès dans la vertu, dit-elle, furent prompts; son abnégation devint complète ; il chercha à se rapetisser, à s'humilier, à s'anéantir. Il se soumit jusqu'à^demander à un prêtre bien au-dessous de lui comme capacité, s'il ne devait pas s'efforcer de cacher entièrement son esprit et de ne montrer qu'une sorte de nullité. »

Et après avoir parlé du « travail d'abnégation et d'anéantissement qui se fît dans l'âme et le cœur du P. Olivaint dès son entrée dans cette Compagnie où Ton semble prendre une nouvelle naissance, j'en fus bien frappée, ajoute-t-elle, quand je le revis à Yaugirard après de longues années, et encore davantage, quand je le retrouvai à la rue de Sèvres. Il était mille fois meilleur encore, plus doux, plus suave, plus compatissant, plus lumineux; toutes ses qualités semblaient, avoir acquis un degré supérieur Hélas! la récompense ne fut que trop prompte! »

Avant de mourir, la duchesse, désirant perpétuer par un symbole expressif, le témoignage de sa religieuse estime, fit placer, dans la chambre réservée depuis deux siècles aux précepteurs, pour faire pendant au portrait de saint Vincent de Paul, le portrait du P. Olivaint.

Telle était la vie édifiante du jeune précepteur au château de Montmirail. Quand l'hiver le ramenait avec son élève à Paris, il y continuait son humble vie de travail et de dévouement. Chaque semaine il conduisait Georges à l'hôpital Necker, et tous deux parcouraient la salle des blessés pour y distribuer des consolations et des secours. Souvent ils dirigeaient leur promenade vers l'hospice des Frères de Saint- Jean de Dieu, dont la famille de la Rochefoucauld était la providence, ou vers quelque patronage de jeunes ouvriers.

Ainsi, à la ville comme à la campagne, le maître et le disciple consacraient ensemble plusieurs heures du jour à la piété, à l'étude, à la charité.

Au mois de septembre 1842, Pierre Olivaint profita d'un séjour de quelques semaines à Paris pour affronter le concours d'agrégation, épreuve difficile que sa santé longtemps chancelante l'avait contraint d'ajourner1.

1. On sait que le concours d'agrégation se fait entre les candidats déjà munis du diplôme de licenciés pour obtenir une chaire dans les premiers lycées de l'État. L'agrégation spéciale d'histoire consistait alors en trois compositions écrites (histoire ancienne et moderne, géographie comparée) et en des épreuves orales, prolongées durant plusieurs jours ; les épreuves consistaient à faire, après quelques heures de préparation, une leçon sur le sujet proposé et à répondre à toul< «

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