CHAPITRE IX
allaient être ses frères d'armes. Ainsi sainl Ignace de Loyola avait visité la Vierge de Montserrat avant de se rendre à Manrèse.
Le souvenir de cette dernière visite nous a été transmis par Pierre Olivaint lui-même. Huit ans plus tard, débutant à Paris dans le ministère de la prédication, il profita d'un sermon donné à Notre-Dame des Victoires, au commencement de la station du Carême, pour proclamer bien haut sa gratitude filiale envers Marie.
« 0 Mère admirable, c'est un besoin pour mon cœur de le proclamer devant vos enfants : combien ne vous dois-je pas moi-même 1 Ne suis-je pas de ceux que vous avez ressuscites1?... Il y a huit ans déjà, moi aussi, un des habitués de voire pieux sanctuaire, j'ai entendu l'appel de Dieu. Quel bonheur j'éprouvais à me trouver le soir au milieu de vos enfants ! Là se formait, se développait la vocation dans mon cœur. Enfin, jour à jamais béni ! je suis venu au pied de cet autel, communier avec quelques amis.... C'était pour prendre vos ordres, ô ma Mère; c'était pour m'enrôler sous la bannière de Jésus. Et voilà que maintenant, presque au début de mon ministère, sans tenir compte de ma faiblesse et de ma misère, vous me donnez la parole dans votre sanctuaire.... Que votre nom soit à jamais béni ! Encore une fois je ne veux être que l'instrument de vos miséricordes. »
Le matin du 1er mai, Pierre Olivaint se rendit à la maison de la rue des Postes pour demander une der-