CHAPITRE X
nité, tous les jeunes étudiants de Théologie convinrent d'offrir au R. P. Général une séance littéraire, où les vers et la prose exprimeraient en cinq ou six langues les mêmes sentiments de vénération et d'amour.
Il était naturel que le sujet unique fût, en pareil lieu et en pareille circonstance, laCompognie de Jésus. Éducation, apostolat en Europe, missions lointaines, on passa toutes les œuvres en revue. Pour sa part, le F. Olivaint eut à parler de ce qu'il appelle avec raison le titre le plus glorieux de la Compagnie, de son attachement à Rome et au vicaire de Jésus-Christ.
De cette harangue fort bien écrite, et parfois éloquente, nous citerons seulement cette dernière phrase, qui nous révèle où tendaient dès lors les ardentes aspirations de son cœur :
« .... Nous en gardons la douce espérance : le Gcsù recevra bientôt les larmes et les prières de la Compagnie; Notre-Seigneur sera glorifié dans son temple, et, prosternés aux pieds de son auguste représentant, nous pourrons dire encore par la bouche de Celui qui porte tous nos cœurs en son cœur : « 0 Père! tout indignes que nous en sommes, nous brûlons du désir de donner notre sang, notre vie et la moelle de nos os pour l'Église et pour vous. »
Les mêmes sentiments se retrouvent dans une pièce de vers composée, quelques mois plus tard, par le F. Olivaint, et dont nous détachons quelques strophes. Nous' ne croyons pas que l'auteur eût la vocation de poëte ni qu'il y prétendit aucunement. Mais, -dans ces vers, les seuls que nous possédions de lui,
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se révèle l'amour du religieux pour sa vocation, le dévouement d'un fils pour sa mère. A ce titre, ils méritent de trouver place ici.
Que de Chrétiens, même fidèles, Nous disent : Vous venez trop tard ; Il faut un nouvel étendard Pour vaincre les erreurs nouvelles.
Mais d'ennemis plus clairvoyants J'en crois la haine rajeunie :
Non, non, petite Compagnie, Non, non, ta n'as pas fait ton temps.
Jamais cette ineffable grâce Des amertumes du Sauveur Ne coula plus vive en ton cœur.
Ah! toujours sur toi veille Ignace :
Tes fils sont dans le monde errants; Jamais tu ne fus plus honnie, Mais aussi, jamais plus bénie :
Non, non, tu n'as pas fait ton temps.
Et d'où viennent à ta lumière Ces fiers échappés de l'erreur?
Ton nom seul leur faisait horreur, Et les voilà sous ta bannière !
Qui, par des coups assez puissants, A vaincu leur haine charmée?
C'est Dieu qui lève son armée :
Non, non, tu n'as pas fait ton temps.
J'entends l'Église qui t'appelle; Je vois ses fils, de toutes parts Vers toi retournant leurs regards, Fonder leur espoir en ton zèle....