‹ Pierre Olivaint, prêtre de la Compagnie de JésusChapitre 181 sur 306 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

•ère Olivaint ne me contraindra nullement; mais il vouloir, et je ne veux pas. »

Cependant il consentit à la visite; il écoutaitifs qui devaient déterminer sagement son choix ; de ait, le P. Recteur le fit vouloir, et le jeune homme l'eut pas lieu de s'en repentir1.

Parfois la raison reste impuissante et une juste séérité doit lui venir en aide. Le P. Olivaint savait y •ecourir à propos; mais il n'oubliait pas de tempérer es rigueurs nécessaires par le témoignage d'une probnde affection. Il était encore préfet des études, et îaturellement plus sévère, quand eut lieu un petit ;vénement que le héros lui-même va nous raconter.

i J'avais quinze ans, dit un ancien élève, et je ne lonnais que trop souvent au P. Olivaint occasion de n'adresser de paternels et sévères reproches. Je dois ui rendre cette justice que jamais, au moins en ce ]ui me concerne, sa perspicacité ne fut en défaut. Il ivait coutume de me dire que pas une fête de- la sainte Vierge ne se passait, sans qu'il découvrît ce }u'il pouvait y avoir d'irrégulier au collège.

« Je suis contraint d'avouer à ma honte que les admonestations du bon Père étaient assez mal prises par moi. Il fallut une circonstance assez singulière pour me faire apprécier le cœur du P. Olivaint. Un

1. Le P. Olivaint, au milieu d'une année d'études, avait envoyé ce même enfant passer une quinzaine de jours dans sa famille pour se remettre d'une indisposition. Un parent eut l'imprudence de demander au jeune rhétoricien s'il ne serait pas bien aise d'aller au spectacle. Sans hésiter, celui-ci répondit, malgré le vif désir qu'il éprouvait :

Non, non ; cela ferait peine au P. Recteur. Ce n'est pas pour cela qu'il m'a permis de sortir »

jour, pour un acte d'indiscipline en classe, je fus mn au séquestre. Profondément irrité, je méditais quelque nouvelle méchanceté, lorsque j'entendis, dans la chambre voisine, la voix d'un camarade puni d'ail leurs aussi justement que moi, et aussitôt ce fut à qui de nous deux, mauvais sujets, débiterait tout haut le plus d'injures à l'adresse du P. Olivaint. Précisément celui-ci passait au même moment dans le corridor; il entendit tout, mais ne nous dit rien. Seule-i ment quand, le soir, le temps de ma punition fut fini, il me fit venir dans sa chambre et me dit à brûle- ; pourpoint : « Pensez-vous réellement de moi tout le! « mal que vous avez dit là-haut? » — Je n'hésitai pas à lui répondre : « Oui, mon Père. » Alors il me prit dans ses bras, m'embrassa tendrement en me i disant : « Mon enfant, j'aime votre franchise ; « mais, écoutez , quand vous aurez quelque chose * contre moi, venez me le dire et ne le dites pas tout . « haut devant vos camarades, car le P. Préfet serait « obligé de vous punir. » Et il me renvoya à l'étude, i L'écolier indocile était vaincu. J'eus à partir de ce ! jour une grande confiance et une vive affection pour le P. Olivaint; le reste de mes années de collége s'en ressentit. Quand j'eus quitté Yaugirard, je demandai au bon Père la faveur de l'avoir pour i directeur. Il me l'accorda, et je puis dire que c'est j une des plus grandes grâces que Dieu m'ait faites. Depuis cette époque jusqu'au mois de février 1871, c'est-à-dire durant plus de treize ans, soit à Vaugirard, soit à la rue de Sèvres, il ne s'est pas, sauf le temps des vacances, écoulé une quinzaine sans que

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